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Publié : 16 février 2009
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Un mariage extraordinaire à Tréogat

Le 22 janvier 1900 se déroulèrent à Tréogat le mariage de Marie Eugénie Caoudal du manoir du Minven (ancienne demeure seigneuriale des Du Boisgueheneuc (voir sur ce même site Petites histoires de la noblesse tréogatoise) et de Gustave Le Bihan, greffier au tribunal de commerce de Quimper. La somptuosité de la fête n’avait rien à envier aux fastes de la capitale.

Après la célébration du mariage civil à « L’hôtel de ville », une demoiselle d’honneur fut chargée de quêter en faveur des « pauvres » de la commune. Puis les invités réunissant le plus beau monde de la ville et de la campagne environnante assista à la cérémonie religieuse suivie, comme il se doit, d’un repas de noce qui fut servi dans la salle des gardes du manoir.

Le menu, qualifié d’extraordinaire, l’était surtout dans sa rédaction qui faisait référence à la guerre des Boers qui devait se terminer deux ans plus tard . Ce conflit généré en Afrique du Sud par les riches ressources aurifères entre les premiers colons français, allemands et néerlandais (les boers), et les anglais arrivés plus tardivement mais quelque peu dominateurs, avait amené des français à se porter volontaires pour porter aide aux premiers en grand danger d’extermination. Il fallait aussi et surtout combattre l’anglais, ennemi héréditaire. Parmi eux on comptait au moins deux bretons : Le nantais Villebois-Mareuil et Robert de Kersauzon. De ce fait, les nouvelles concernant ces malheureux boers devaient arriver facilement jusqu’à Quimper où beaucoup prirent fait et cause pour eux. C’est ainsi qu’après l’élaboration de ce menu, qui était peut être sensé devoir sensibiliser les invités à cette cause, il fut aussi proposé une tombola dont le produit devait revenir à ce peuple martyrisé.

Voici ce qu’on pouvait lire dans les années 70 dans le journal Ouest France à propos de ces réjouissances :

« Nous entrons dans la danse par un potage fin de siècle, suivent les huîtres de Belon, les bouchées à la Krüger, le bar sauce Joubert, le chevreuil à la Mafeking, le poulet à la Prétoria, le filet de bœuf à la Modder-river. Ce festin digne de Gargantua se poursuit par des perdreaux sauce Colenso, une timbale à l’Américaine, une dinde Anglaise truffée, une salade Bretonne, des petits pois Transvaaliens, de l’Aspic de foie gras Kimberley, du jambon d’York à la gelée, une bombe glacée, un dessert Franco-Boer, le tout arrosé des vins les plus fins, de champagne Roederer, de café, de cidre du manoir. Quand fusa le champagne, l’oncle de la mariée, poète à ses heures récita ce « Sonnet à l’Epousée », dont voici un extrait : C’est fête à Minven au vieux manoir des Preux. Les chênes de la forêt le chuchotent entre eux. Un pastel aux traits fins est apparu si beau, Qu’il veut sourire encore à vos doigts où l’anneau Nuptial au bonheur surajoute la grâce....... ».

Le mariage traditionnel était bien différent, il fait l’objet d’un autre article que vous pouvez consulter en cliquant le lien : Le mariage traditionnel.