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Publié : 1er octobre 2008
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TREOGAT et le BURKINA FASO

Les grandes ONG qui opèrent un peu partout sur les cinq continents se retrouvent vite sur le devant de la scène lors des grands bouleversements tels les tremblements de terre ou autre tsunami. Mais on n’évoque que rarement toutes ces "petites mains" qui travaillent dans l’ombre mais font souvent preuve d’une grande efficacité même si celle-ci ne participe à améliorer le sort que d’une partie infime des populations démunies que l’on compte de par le monde. C’est le cas de DILE petite association humanitaire du pays bigouden.

Tréogat est particulièrement fière de compter dans ses rangs un homme généreux, Jean Viars, qui a su se mobiliser et entraîner avec lui d’autres tréogatois mais aussi des volontaires des communes avoisinantes pour apporter son aide aux habitants d’un petit territoire bien éloigné de chez nous : la région de Tiébélé dans la province de Nahouri au sud du Burkina Faso.

Jean Viars, ancien directeur financier d’un secteur du groupe Renault, décida, venu l’âge de la retraite, de venir s’installer, avec son épouse, à Tréogat. Son violon d’Ingres était la marche à pied qu’il pratiquait un peu partout avec son ami Georges Le Hir (aujourd’hui disparu). Ils allèrent même jusqu’en Amérique et en Afrique pour assouvir leur passion. Quand survint le décès de son épouse, il se sentit, comme bien d’autres qui subissent cette épreuve, perdu, seul et inutile. Il saura réagir.

D’abord il continua ses périples africains avec son ami et c’est un peu par hasard qu’ils se retrouvèrent au Burkina Faso. Et qu’ils purent constater les dures conditions de vie de la population de ce pays classé parmi les plus pauvres et particulièrement celle de cette zone excentrée qu’est la région de Tiébélé dont personne ne songe à améliorer le sort. Les femmes doivent faire de longues distances, à pied bien entendu, pour aller chercher l’indispensable eau et il n’y a ni médecin (le pays en compte un pour 100 000 habitants), ni électricité, ni route et peu d’écoles.

Au cours d’une réunion entre amis ils évoquèrent cette situation et se demandèrent quoi faire pour aider ces gens démunis ; et une idée « toute simple » apparut : il fallait créer une ONG. Elle serait consacrée à ce seul petit bout de territoire représentant un tiers d’un département français et comptant 70 000 habitants. Et en 2003 naissait « DILE » Association humanitaire pour l’aide au développement du pays des Gourounsis. C’était se lancer dans une entreprise très risquée car aucun de ce petit groupe d’amis ne connaissait ni l’humanitaire, ni vraiment le Burkina Faso, ils n’avaient pas sur place ni les appuis nécessaires, ni l’indispensable intermédiaire. Et comment se faire reconnaître et trouver les fonds sans lesquels tout projet dans ce domaine est voué à l’échec ?

Sur place tout de même un embryon d’organisation sur laquelle ils purent s’appuyer : l’Association de développement de Tiébélé dont l’activité était extrêmement réduite faute de moyens. Il fallut donc les trouver ces moyens. Et Jean Viars sollicitant famille et amis réussit à rassembler 14.000 euros. A la création de l’association tout le monde était convenu d’une règle d’or : toute somme allouée à cette entreprise lui serait consacrée à 100%, tous les frais accessoires, de fonctionnement et même les indispensables voyages des intervenants, restant à la charge de ses membres.

Puis il fallut faire des choix : quelle était la priorité des priorités là où tout était priorité ? D’abord l’eau. Le coût d’un forage s’élevait à environ 7 000 euros ; on pouvait donc commencer par cela. C’est ce qu’ils entreprirent la première année avec la création parmi les utilisateurs d’un comité qui veillerait à sa bonne marche, à son entretien et entreprendrait les petites réparations urgentes. En même temps ils réussirent à approvisionner en nutriments complémentaires spécifiques le centre de Tiébélé des nourrissons tenu par des Dominicaines qui tentent désespérément de faire diminuer la mortalité infantile très élevée.

Après ces premiers résultats bien modestes mais bien amenés, les potentiels donateurs institutionnels se firent plus attentifs et commencèrent à débloquer des fonds. Cela permit de continuer les forages et surtout d’entreprendre ce qui était antérieurement un des objectifs de l’Association de Tiébélé, des campagnes de soins ophtalmologiques. En 2006 et 2007 elles ont permis d’examiner chaque année quelque 1000 malades et de pratiquer 150 interventions sur des personnes ayant complètement perdu la vue victimes de cataracte ou de glaucome. La première des choses a été de construire un mini centre médical et sa salle d’opérations. Pas d’eau courante, bien sûr, un réservoir situé au dessus de la salle a dû faire l’affaire. Pas d’électricité, donc groupe électrogène. Rien à voir avec nos hôpitaux ultra modernes aseptisés. Les opérations ont été pratiquées par deux chirurgiens venus d’Italie, qui ont travaillé, bénévolement comme il se doit, en collaboration avec deux ophtalmologues burkinabé. Et cela a marché et bien marché.

En 2007, il a fallu faire face, avec l’aide des grandes associations humanitaires, aux dégâts causés par un phénomène météorologique rare : alors qu’il n’avait pratiquement pas plu depuis de nombreuses années, des trombes d’eau ont noyé la province avec pour conséquences principale la destruction des réserves alimentaires. DILE a dû pourvoir à l’achat de 19 tonnes de maïs.

En 2008 les finances vont permettre d’assurer l’entretien des 9 forages déjà réalisés (d’autres sont prévus), une autre campagne ophtalmologique, la construction d’une école de trois classes, d’une cantine (les enfants viennent de loin) et de l’indispensable logement pour l’instituteur car personne n’accepterait ce poste si un minimum de confort n’est pas offert. DILE a aussi démarré un système de micro crédit pour les femmes et une dizaine d’infirmiers ont reçu une formation spécifique en ophtalmologie.

Ce tableau très encourageant ne satisfait pourtant pas Jean Viars. « Il y a tant à faire ! ». Mais ceux qui de loin en loin suivent le travail accompli pensent bien fort : « Chapeau bas ! M. Viars » (il a maintenant 84 ans mais ne songe nullement à ralentir son activité).

Si vous souhaitez plus de détails sur cette généreuse entreprise, vous pouvez consulter le document (pdf) "TREOGAT et le BURKINA FASO suite" ci-joint.

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