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Publié : 27 mai 2014
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Les œuvres de René Quivillic sur la commune de Plozévet

C’est grâce à M. Georges Le Bail, maire de Plozévet, que René Quivillic obtint une bourse d’études. Les deux hommes se lièrent d’amitié et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle il fit don de plusieurs de ses œuvres à Plozévet.

René Quivillic est né à Plouhinec en 1879. Adolescent il pratique la pêche puis travaille dans une menuiserie où il apprend les bases de la sculpture sur bois. Il entreprend ensuite un « tour de France » et devient Compagnon Menuisier Charpentier. Un passage à l’exposition universelle de 1900 à Paris lui permet d’intégrer l’école des arts décoratifs puis l’atelier du sculpteur Antoine Mercié à l’école des Beaux Arts.

Il commence à exposer en 1905 au Salon des Artistes Français puis au Salon des Indépendants à Paris où ses œuvres font ressortir son attachement à la Bretagne et comment il s’inspire de la vie quotidienne. Sa notoriété se répand dans le Finistère c’est pourquoi nombre de maires lui commandent à la fin de la guerre 14-18 la réalisation de monuments aux morts.

Œuvres du sculpteur exposées à Plozévet

Sur le placitre de l’église deux monuments :

Monument dédié aux morts de la guerre 14-18

Contrairement à l’habitude qui était pour un tel monument de représenter une mère effondrée de douleur René Quivillic sculpta, adossé à un menhir, un homme vêtu de son costume breton, le chapeau à la main , plein de dignité malgré son immense chagrin ; pour cette œuvre il a pris pour modèle un plozévétien, Sébastien le Gouill qui perdit ses trois fils et son gendre pendant la grande guerre.

Les noms des matyrs s’affichent sur le menhir

Monument aux morts de la guerre 39-45

Après avoir rejeté l’idée d’une stèle accolée au premier monument, on fit appel à René Quivillic qui proposa un menhir à tête de bigouden portant sa coiffe. Ce nouveau monument remporta un succès mitigé dans la population.

Les noms de 38 morts de la seconde guerre mondiale et ceux de la guerre d’Indochine figurent là aussi sur le menhir.

Les sonneurs

La confrérie des sonneurs était très importante à Plozévet se produisant dans les mariages et les fêtes. René Quillivic voulut leur rendre hommage et exécuta un bronze d’un couple de sonneur (biniou et bombarde) en prenant pour modèles les frères Gueguen très réputés. Les gestes et les attitudes sont représentées avec exactitude. Cette œuvre remporta un franc succès qui valut à René Quillivic en 1907 la médaille d’or du salon des Beaux Arts à Paris. L’inauguration eut lieu en présence de Jean Zay, ministre de l’éducation nationale et des beaux arts.

C’est au cours du banquet qui fut servit ensuite que René Quillivic remarqua une jolie bigouden qui, on le sut plus tard, se révéla être la cousine de Pierre Jakez Hélias (voir Per-Jakez Hélias écrivain et conteur). Il trouva son « port de coiffe » particulièrement élégant et lui demanda de lui servir de modèle pour un autre projet de statue celle qui s’appelle actuellement « La bigouden de Pors Poullan »

Le buste de Georges Le Bail

La dynastie des Le Bail s’imposa à la tête de la mairie de Plozévet pendant près d’un siècle mais seul Georges eut les faveurs de son ami René Quivillic qui lui consacra une sculpture. Le buste exécuté en bronze se trouve bien sûr devant la mairie.