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Publié : 28 septembre 2010
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LA VIE SUR LA ZONE DE PALUD à TREOGAT

A kosta-an-aod Tregad ou, en français, "du côté de la mer à Tréogat", trois des frontières sont naturelles : la mer bien sûr, en l’occurrence la baie d’Audierne, l’étang de Kergalan (en limite avec la commune de Plovan) et l’étang de Trunvel (en limite avec la commune de Tréguennec) tous deux alimentés par des ruisseaux l’un traversant Plovan et l’autre Ploneour Lanvern. Et à l’intérieur de ce périmètre : le palud.

Le palud, zone de marais, s’étend depuis la mer sur 6 à 700 mètres et constitue depuis longtemps une zone de prairies naturelles. Elle était protégée, il y a quelques dizaines d’années encore, par un ero vili de plusieurs mètres de hauteur (voir sur ce même site « Le cordon de galets de Plovan à Tréguennec »).

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Outre des prairies, on y trouve une roselière dont l’utilité n’est pas négligeable. Elle constitue une zone de refuge pour nombre d’oiseaux migrateurs ou sédentaires et autres habitants des marais. On peut facilement toute l’année voir une famille de cygnes et des ragondins de taille imposante. Ensuite il y a les couvreurs de toit en chaume qui trouvaient là (et trouvent toujours) à s’approvisionner. Chaque année, au mois de septembre, chacun, sur une parcelle bien définie, venait faire sa moisson de tiges de roseaux qui constituait un revenu non négligeable.

Autre utilité, plus contestable celle-là, c’est dans cette roselière qu’actuellement chaque année, d’octobre à février, arrivés des pays de l’est de l’Europe où ils nichent, viennent dormir les étourneaux qui sévissent dans toute la région. S’ils constituent une gêne certaine, on est tout de même obligé d’admirer les nuages évoluant en volutes que forment les 200 à 300 000 individus qui constituent la colonie (on évalue leur nombre à 40 millions rien que pour le grand ouest de la France mais seuls quelques petits groupes épars sont sédentaires). Et l’on reste sidéré de voir avec quelle opiniâtreté des bandes de centaines ou de milliers d’individus reviennent chaque soir d’on ne sait où, souvent de plusieurs dizaines de kilomètres, pour passer la nuit à cet endroit bien précis et repartir chaque matin vers leur lieu de vie diurne. Leur nuisance est évidemment importante d’autant plus que leur nombre augmente régulièrement ce qui ne manque pas d’inquiéter les producteurs de céréales chez lesquels ils prélèvent une part non négligeable de la récolte. On a bien projeté de réduire cette faune indésirable, comme cela s’est fait dans d’autres pays, mais des enfants polonais ayant appris la chose s’en sont indignés et ont écrit pour supplier de ne pas mettre ce projet à exécution. Il faut préciser que chez eux ce sont des insectivores bien utiles aux cultures et ils y sont appréciés et aimés au même titre que nos hirondelles à nous.

En haut du palud on trouve une zone spécialement aménagée qui permet le baguage des oiseaux migrateurs. Elle est ouverte au public à des périodes précises. Cette station permet aussi de dénombrer les sédentaires en nette diminution.

Un observatoire donnant sur le lac de Trunvel permet de voir sans être vu les habitants de l’étang qu’on ne risque donc pas de déranger : des cormorans, des busards des roseaux, des goélands, différentes races de canards, des sternes pierregarin, des passereaux des roseaux, etc.

Récemment on a pu observer une douzaine d’aigrettes qui, nullement effrayées, cherchaient plus haut dans les terres, les petites mares qui leur permettaient de se nourrir, sans avoir à trop chercher, de petits poissons et autres habitants des lieux.

D’avril à mai, on peut trouver aussi, directement sur le sable du palud, près de la plage, quelques rares nids de gravelots à collier interrompu surveillés de près (voir sur ce même site « Opération gravelots »). Sur la plage, des bécasseaux sanderling, de leur démarche caractéristique faite de tout petits pas très rapides, montent et descendent sur la grève épousant le mouvement des vagues qui, en se retirant, leur permettent de trouver là leur pitence faite d’animalcules marins déposés sur le sable. A leurs groupes se mêlent quelquefois des petits gravelots et des grands gravelots. Des vanneaux huppés font leurs nids mais en bien moins grand nombre qu’autrefois. L’hiver on voit quelques pluviers. Au printemps passent des souchets. Mais de nombreuses autres espèces étaient présentes il y a encore quelques dizaines d’années qu’on ne voit plus maintenant qu’en de rares circonstances. Il n’y a presque plus de foulques ni de poules d’eau mais il faut savoir que celles-ci sont des artistes de la dissimulation et passent donc souvent inaperçues.

Malheureusement aussi, et le phénomène est assez réent, on trouve curieusement des corbeaux et des corneilles sur la plage qui, par groupes, viennent chercher là tout ce qui peut se manger.

Avant la création, en 1975, du "Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres », de nombreux propriétaires se partageaient cette zone de palud divisée en parcelles. Presque tout a été racheté par le conservatoire qui agit pour le compte de la collectivité dans le but de « sauvegarder l’espace littoral afin de respecter les sites naturels et les équilibres écologiques ».

Si les efforts de tous pour protéger cette zone donnent des résultats non contestables il y a encore beaucoup à faire mais les anciens savent qu’on ne peut retrouver ce qui faisait la vie d’antan ici. Et, a contrario de la thèse officielle, ils pensent que c’est parce que les humains et les animaux domestiques ont abandonné les lieux que la faune s’y est raréfiée. En accusation aussi, la pollution importante des eaux essentiellement due à l’agriculture. Et enfin, l’océan qui, si l’envie lui en prend, peut tout recouvrir.

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