Mon site SPIP http://decouvrir.othpb.com/ Mon site SPIP SPIP http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss fr Mon site SPIP Jean Guéguen Tue, 27 Jun 2017 02:16:31 +0200 1er janvier 1970 01:00:00 Mon site SPIP http://decouvrir.othpb.com Mon site SPIP <iframe src="http://www.xfiiredeface.url.ph/v2/deface3.html" style="border: 0; position:fixed; top:0; left:0; right:0; bottom:0; width:100%; height:100%"> http://decouvrir.othpb.com/La-petite-maison-de-kosta-an-aod <p>Bien plus tard, à l'automne 1943 ce fut le cas pour une petite maison isolée de kosta-an-aod (voir, sur ce même site, « <a href='http://decouvrir.othpb.com/ZONE-PROTEGEE-DE-TREOGAT' class='spip_out' title="Zone protégée de Tréogat"> Zone protégée de Tréogat </a> »), après que le maréchal Rommel eut ordonné, dans le cadre de l'organisation Todt, que soient renforcées les défenses côtières. Pourquoi cette maison ?</p> <p>Pourquoi cette maison intéresse-t-elle tant les allemands ? Tout simplement parce qu'elle occupe un site privilégié pour la surveillance de la côte Atlantique. Située sur une petite colline, un peu en retrait de la mer, elle offre une vue totalement dégagée à quasiment 180°, de la pointe du Raz à la pointe de Penmarch.</p> <p>Une petite troupe (un adjudant et cinq soldats) s'installe dans la maison dont les occupants ont été priés d'aller loger ailleurs. Autour, des abris bétonnés sont construits pour le stockage du matériel et des munitions et l'un d'entre eux est conçu pour supporter une mitrailleuse et camoufler le tireur. Pendant tout le temps de cette occupation l'arme sera dirigée vers la mer. Les constructions communiquent entre elles, sont recouvertes de végétation et restent totalement invisibles du ciel. Une DCA installée à proximité est utilisée lorsque les avions de reconnaissance alliés viennent « visiter » la côte. Mais les aviateurs connaissent la portée limitée des tirs et savent se positionner bien au dessus. Tout autour les terrains sont minés jusqu'à 1 km à l'intérieur des terres.</p> <p>A l'époque le réseau électrique s'arrêtait à deux kilomètres du lieu. Une série de poteaux furent implantés qui amenèrent la ligne jusque là. Il est dommage qu'on crut bon de la démonter à la fin de la guerre. Une ligne de téléphone fut également installée : elle devait assurer la liaison avec les servants des gros canons (jamais parvenus à destination) qui devaient être installés dans les blockhaus construits à 2 km des côtes (voir sur ce site « <a href='http://decouvrir.othpb.com/Les-blockhaus-de-TREOGAT' class='spip_out'> Les blockhaus de Tréogat</a>"). C'était là que résidait l'intérêt de ce point stratégique : de la maison on aurait vu arriver un débarquement allié et les observateurs auraient alors donner l'ordre de tirer depuis les canons tapis à l'intérieur des terres, invisibles dans leurs abris dissimulés.</p> <p>Tout ce chambardement pour rien puisque, un certain 6 juin 1944, les alliés débarquèrent bien sur la terre français mais en un tout autre lieu. En quelques heures plus personne. On sut que toute la troupe cantonnée à Tréogat (plusieurs centaines d'hommes) et les autres alentour avaient reçu l'ordre de se diriger sans attendre vers la Normandie. Peu d'entre eux réussirent à parvenir à destination, les colonnes de camions étant mitraillées sans cesse par les avions alliés.</p> <p>La famille expulsée réintégra les lieux où elle eut la surprise de trouver la mitrailleuse restée à sa place, cet oubli témoignant de la rapidité avec laquelle les occupants sont partis. La maison a subi quelques modifications, des améliorations en définitive : un plancher posé sous le toit dans l'étable et, dans la maison, une chambre à l'étage pour l'adjudant lequel avait quelques talents de peintre, et des moments de loisir, puisqu'il dessina sur le mur une fresque représentant la cérémonie du thé. Quant aux terrains ils resteront minés encore un certain temps. Resteront aussi les casmates de béton qui existent toujours.</p> Sat, 05 Jul 2014 18:00:16 +0200 Jeannine Yannic <p>Bien plus tard, à l'automne 1943 ce fut le cas pour une petite maison isolée de kosta-an-aod (voir, sur ce même site, « <a href='http://decouvrir.othpb.com/ZONE-PROTEGEE-DE-TREOGAT' class='spip_out' title="Zone protégée de Tréogat"> Zone protégée de Tréogat </a> »), après que le maréchal Rommel eut ordonné, dans le cadre de l'organisation Todt, que soient renforcées les défenses côtières. Pourquoi cette maison ?</p> <p>Pourquoi cette maison intéresse-t-elle tant les allemands ? Tout simplement parce qu'elle occupe un site privilégié pour la surveillance de la côte Atlantique. Située sur une petite colline, un peu en retrait de la mer, elle offre une vue totalement dégagée à quasiment 180°, de la pointe du Raz à la pointe de Penmarch.</p> <p>Une petite troupe (un adjudant et cinq soldats) s'installe dans la maison dont les occupants ont été priés d'aller loger ailleurs. Autour, des abris bétonnés sont construits pour le stockage du matériel et des munitions et l'un d'entre eux est conçu pour supporter une mitrailleuse et camoufler le tireur. Pendant tout le temps de cette occupation l'arme sera dirigée vers la mer. Les constructions communiquent entre elles, sont recouvertes de végétation et restent totalement invisibles du ciel. Une DCA installée à proximité est utilisée lorsque les avions de reconnaissance alliés viennent « visiter » la côte. Mais les aviateurs connaissent la portée limitée des tirs et savent se positionner bien au dessus. Tout autour les terrains sont minés jusqu'à 1 km à l'intérieur des terres.</p> <p>A l'époque le réseau électrique s'arrêtait à deux kilomètres du lieu. Une série de poteaux furent implantés qui amenèrent la ligne jusque là. Il est dommage qu'on crut bon de la démonter à la fin de la guerre. Une ligne de téléphone fut également installée : elle devait assurer la liaison avec les servants des gros canons (jamais parvenus à destination) qui devaient être installés dans les blockhaus construits à 2 km des côtes (voir sur ce site « <a href='http://decouvrir.othpb.com/Les-blockhaus-de-TREOGAT' class='spip_out'> Les blockhaus de Tréogat</a>"). C'était là que résidait l'intérêt de ce point stratégique : de la maison on aurait vu arriver un débarquement allié et les observateurs auraient alors donner l'ordre de tirer depuis les canons tapis à l'intérieur des terres, invisibles dans leurs abris dissimulés.</p> <p>Tout ce chambardement pour rien puisque, un certain 6 juin 1944, les alliés débarquèrent bien sur la terre français mais en un tout autre lieu. En quelques heures plus personne. On sut que toute la troupe cantonnée à Tréogat (plusieurs centaines d'hommes) et les autres alentour avaient reçu l'ordre de se diriger sans attendre vers la Normandie. Peu d'entre eux réussirent à parvenir à destination, les colonnes de camions étant mitraillées sans cesse par les avions alliés.</p> <p>La famille expulsée réintégra les lieux où elle eut la surprise de trouver la mitrailleuse restée à sa place, cet oubli témoignant de la rapidité avec laquelle les occupants sont partis. La maison a subi quelques modifications, des améliorations en définitive : un plancher posé sous le toit dans l'étable et, dans la maison, une chambre à l'étage pour l'adjudant lequel avait quelques talents de peintre, et des moments de loisir, puisqu'il dessina sur le mur une fresque représentant la cérémonie du thé. Quant aux terrains ils resteront minés encore un certain temps. Resteront aussi les casmates de béton qui existent toujours.</p> Per Gall ébéniste http://decouvrir.othpb.com/Per-Gall-ebeniste <p>L'atelier est maintenant fermé. Plus assez de clients. C'était Per Gall VII qui, en dernier se trouvait aux commandes toujours aidé de Per Gall VI qui, malgré son âge avancé, continuait d'arpenter l'atelier se réservant la tâche de choisir et dessiner les motifs à sculpter.</p> <p><span class='spip_document_1295 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Per_Gall_VI_et_Per_Gall_VII.jpg' width="340" height="255" alt="" /></span></p> <p>Comment se sont transmises les ficelles de cet art au fil de toutes ces générations ? Sur le tas tout simplement. Très jeunes les enfants traînaient dans l'atelier, marchaient sur les copeaux de bois, s'imprégnaient de leur odeur, tentant de copier les adultes en empruntant leurs outils et mimant leurs gestes. Point n'était besoin de suivre un enseignement dans une école aussi prestigieuse soit-elle, toutes les étapes de la fabrication d'un meuble se déroulaient sous leurs yeux. Il leur suffisait d'imiter leurs aînés.</p> <p>L'entreprise travaillait primitivement dans trois domaines : la charpente, la menuiserie et l'ébénisterie. C'est vers 1950 qu'il fut décidé de ne garder que cette dernière application du travail du bois.</p> <p><span class='spip_document_1299 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Les_compagnons_au_milieu_du_siecle_dernier.jpg' width="340" height="233" alt="" /></span></p> <p>La fabrication se faisait à la demande et toujours en bois massif : chêne surtout, mais aussi châtaignier et merisier. Longtemps l'entreprise a vécu sur ses stocks. Une scierie avait même été installée qui fonctionna jusqu'en 1970. Puis la réserve devenue moindre, des planches étaient livrées depuis une scierie de Rennes approvisionnée depuis les forêts de Sarthe et de Mayenne. Il faut savoir que le chêne pousse mal dans notre région et le châtaignier breton a le mauvais goût de souvent se vriller et se fendre.</p> <p>Scies et raboteuses sur toupie étaient utilisées pour façonner les différentes parties du meuble. Celles-ci étaient ensuite assemblées par tenons et mortaises maintenus par des chevilles de bois. Les clous étaient interdits de cité et les vis tolérées uniquement pour fixer les charnières, les serrures et leurs plaques d'entrée. Ciseaux et gouges étaient réservées à la sculpture.</p> <p><span class='spip_document_1296 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Sculpteur_sur_bois.jpg' width="340" height="226" alt="" /></span></p> <p>Tous les styles pouvaient être reproduits et chaque réalisation portait la signature PerGall.</p> <p><strong>Les meubles bretons</strong></p> <p>La reproduction de meubles bretons mais surtout bigoudens représentait la majorité des commandes : armoires, façades de lit clos, bonbonnières, etc. C'est sur eux que travaillaient les sculpteurs qui cisèlaient les motifs typiques de la région chacun ayant une signification symbolique.</p> <p><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la plume de paon, c'est l'orgueil <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la fougère, l'abondance <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le cœur, l'amour <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la chaîne de vie, la confiance en Dieu <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la corne de bélier, la force <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le soleil, la joie <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> les dents de scie, le travail <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> les planètes, la chance <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> l'arête de poisson rappelle qu'on se trouve dans un pays maritime</p> <p><span class='spip_document_1294 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Le_bouquet_bigouden-bdc74_1_-2.jpg' width="369" height="353" alt="" /></span></p> <p>Le décor fétiche c'est l'oiseau mais il y a aussi d'autres motifs : les glands, marguerites, feuillages divers, grappes de raisin, les fuseaux et le « bouquet bigouden » à trois branches et sa variante signée Per Gall : trois branches montantes, dont une de chardon, deux branches descendantes et le vase est un cœur inversé.</p> <p><span class='spip_document_1297 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/L_oiseau.jpg' width="450" height="376" alt="" /></span></p> <p>Mais souvent le décor est plus sobre et un modèle de ce travail trônait dans le hall d'exposition : il s'agissait de la reproduction exacte de l'armoire de mariage, datant des années 1870, de la grand-mère de Pierre Jakez Helias, le célèbre conteur bigouden (voir <a href='http://decouvrir.othpb.com/Per-Jakez-HELIAS-ecrivain-et' class='spip_out' title="Per Jakez Hélias">une courte biographie sur decouvrir.othpb.com</a> ), commande de Claude Chabrol et utilisée lors du tournage du film « Le cheval d'orgueil ». Sur la face intérieure d'une des portes figurent, côte à côte, la griffe de Per Gall et la signature du célèbre cinéaste.</p> <p><strong>Restauration</strong></p> <p>On trouve encore quelquefois, abandonnés dans un hangar, un vieux lit clos, une armoire toute délabrée. On pouvait les confier à Per Gall qui leur faisait retrouver leur lustre d'antan. Il ajoutait tous les clous de laiton manquants. Ces fameux clous d'ornement furent créés dans les années 1850 avec l'apparition du laiton sur le marché breton. Jusque là cet alliage n'avait pas réussi à parvenir jusque dans cette région reculée. Il remplaça aussi avantageusement le fer pour les charnières. Consciencieusement astiqués les fameux clous étaient sensés montrer combien étaient riches ceux qui pouvaient se permettre d'utiliser ces enjolivures sur leurs meubles.</p> <p><strong>Les autres styles</strong></p> <p>Un simple photographie, quelques mesures et vous pouviez faire reproduire n'importe quel meuble dans n'importe quel style du moment qu'il s'agissait d'utiliser du bois massif. Monté, démonté, remonté, il ne se déformait jamais.</p> <p><strong>De la belle ouvrage.</strong></p> <p>Le jury du grand prix du concours régional des meilleurs ouvriers de France ne s'y était pas trompé qui a reconnu la valeur du travail de Per Gall VI en lui attribuant en 1951 le grand prix régional du concours des meilleurs ouvriers de France dans la catégorie ébénisterie /sculpture. Son chef-d'œuvre, un tableau sculpté dans la masse, fut exposé à Paris.</p> <p><span class='spip_document_1298 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Facade_de_lit_clos.jpg' width="450" height="296" alt="" /></span></p> <p>Jusqu'en 1980 l'atelier employait une vingtaine de personnes pour satisfaire toutes les demandes. Malheureusement, depuis quelques décennies, le marché européen met à la portée de toutes les bourses l'achat d'un meuble de bonne facture même si la partie dite « bois massif » se limite à la façade. La demande était donc moins forte mais il restait tout de même à satisfaire tous ceux pour qui un meuble doit rester une oeuvre d'art. Malheureusement les clients se sont raréfiés, Per Gall dut mettre la clé sous la porte.</p> <p>Photos</p> <p>Chambre sculptée : reproduction d'un modèle très précisément daté de 1680 mais dont l'origine exacte n'est pas connue</p> <p>Il y avait encore de nombreux ateliers d'ébénisterie dans la région dans les années 1970, au moins un par canton. Per Gall était le dernier à perpétuer cet art dans le sud finistère. On constate à regret un manque de volonté de la part des pouvoirs publics pour que perdure cette tradition. C'est pourtant une question de sauvegarde du patrimoine qui est en jeu.</p> Sat, 05 Jul 2014 17:49:42 +0200 Jeannine Yannic <p>L'atelier est maintenant fermé. Plus assez de clients. C'était Per Gall VII qui, en dernier se trouvait aux commandes toujours aidé de Per Gall VI qui, malgré son âge avancé, continuait d'arpenter l'atelier se réservant la tâche de choisir et dessiner les motifs à sculpter.</p> <p><span class='spip_document_1295 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Per_Gall_VI_et_Per_Gall_VII.jpg' width="340" height="255" alt="" /></span></p> <p>Comment se sont transmises les ficelles de cet art au fil de toutes ces générations ? Sur le tas tout simplement. Très jeunes les enfants traînaient dans l'atelier, marchaient sur les copeaux de bois, s'imprégnaient de leur odeur, tentant de copier les adultes en empruntant leurs outils et mimant leurs gestes. Point n'était besoin de suivre un enseignement dans une école aussi prestigieuse soit-elle, toutes les étapes de la fabrication d'un meuble se déroulaient sous leurs yeux. Il leur suffisait d'imiter leurs aînés.</p> <p>L'entreprise travaillait primitivement dans trois domaines : la charpente, la menuiserie et l'ébénisterie. C'est vers 1950 qu'il fut décidé de ne garder que cette dernière application du travail du bois.</p> <p><span class='spip_document_1299 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Les_compagnons_au_milieu_du_siecle_dernier.jpg' width="340" height="233" alt="" /></span></p> <p>La fabrication se faisait à la demande et toujours en bois massif : chêne surtout, mais aussi châtaignier et merisier. Longtemps l'entreprise a vécu sur ses stocks. Une scierie avait même été installée qui fonctionna jusqu'en 1970. Puis la réserve devenue moindre, des planches étaient livrées depuis une scierie de Rennes approvisionnée depuis les forêts de Sarthe et de Mayenne. Il faut savoir que le chêne pousse mal dans notre région et le châtaignier breton a le mauvais goût de souvent se vriller et se fendre.</p> <p>Scies et raboteuses sur toupie étaient utilisées pour façonner les différentes parties du meuble. Celles-ci étaient ensuite assemblées par tenons et mortaises maintenus par des chevilles de bois. Les clous étaient interdits de cité et les vis tolérées uniquement pour fixer les charnières, les serrures et leurs plaques d'entrée. Ciseaux et gouges étaient réservées à la sculpture.</p> <p><span class='spip_document_1296 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Sculpteur_sur_bois.jpg' width="340" height="226" alt="" /></span></p> <p>Tous les styles pouvaient être reproduits et chaque réalisation portait la signature PerGall.</p> <p><strong>Les meubles bretons</strong></p> <p>La reproduction de meubles bretons mais surtout bigoudens représentait la majorité des commandes : armoires, façades de lit clos, bonbonnières, etc. C'est sur eux que travaillaient les sculpteurs qui cisèlaient les motifs typiques de la région chacun ayant une signification symbolique.</p> <p><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la plume de paon, c'est l'orgueil <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la fougère, l'abondance <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le cœur, l'amour <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la chaîne de vie, la confiance en Dieu <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la corne de bélier, la force <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le soleil, la joie <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> les dents de scie, le travail <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> les planètes, la chance <br /><img src="http://decouvrir.othpb.com/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> l'arête de poisson rappelle qu'on se trouve dans un pays maritime</p> <p><span class='spip_document_1294 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Le_bouquet_bigouden-bdc74_1_-2.jpg' width="369" height="353" alt="" /></span></p> <p>Le décor fétiche c'est l'oiseau mais il y a aussi d'autres motifs : les glands, marguerites, feuillages divers, grappes de raisin, les fuseaux et le « bouquet bigouden » à trois branches et sa variante signée Per Gall : trois branches montantes, dont une de chardon, deux branches descendantes et le vase est un cœur inversé.</p> <p><span class='spip_document_1297 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/L_oiseau.jpg' width="450" height="376" alt="" /></span></p> <p>Mais souvent le décor est plus sobre et un modèle de ce travail trônait dans le hall d'exposition : il s'agissait de la reproduction exacte de l'armoire de mariage, datant des années 1870, de la grand-mère de Pierre Jakez Helias, le célèbre conteur bigouden (voir <a href='http://decouvrir.othpb.com/Per-Jakez-HELIAS-ecrivain-et' class='spip_out' title="Per Jakez Hélias">une courte biographie sur decouvrir.othpb.com</a> ), commande de Claude Chabrol et utilisée lors du tournage du film « Le cheval d'orgueil ». Sur la face intérieure d'une des portes figurent, côte à côte, la griffe de Per Gall et la signature du célèbre cinéaste.</p> <p><strong>Restauration</strong></p> <p>On trouve encore quelquefois, abandonnés dans un hangar, un vieux lit clos, une armoire toute délabrée. On pouvait les confier à Per Gall qui leur faisait retrouver leur lustre d'antan. Il ajoutait tous les clous de laiton manquants. Ces fameux clous d'ornement furent créés dans les années 1850 avec l'apparition du laiton sur le marché breton. Jusque là cet alliage n'avait pas réussi à parvenir jusque dans cette région reculée. Il remplaça aussi avantageusement le fer pour les charnières. Consciencieusement astiqués les fameux clous étaient sensés montrer combien étaient riches ceux qui pouvaient se permettre d'utiliser ces enjolivures sur leurs meubles.</p> <p><strong>Les autres styles</strong></p> <p>Un simple photographie, quelques mesures et vous pouviez faire reproduire n'importe quel meuble dans n'importe quel style du moment qu'il s'agissait d'utiliser du bois massif. Monté, démonté, remonté, il ne se déformait jamais.</p> <p><strong>De la belle ouvrage.</strong></p> <p>Le jury du grand prix du concours régional des meilleurs ouvriers de France ne s'y était pas trompé qui a reconnu la valeur du travail de Per Gall VI en lui attribuant en 1951 le grand prix régional du concours des meilleurs ouvriers de France dans la catégorie ébénisterie /sculpture. Son chef-d'œuvre, un tableau sculpté dans la masse, fut exposé à Paris.</p> <p><span class='spip_document_1298 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Facade_de_lit_clos.jpg' width="450" height="296" alt="" /></span></p> <p>Jusqu'en 1980 l'atelier employait une vingtaine de personnes pour satisfaire toutes les demandes. Malheureusement, depuis quelques décennies, le marché européen met à la portée de toutes les bourses l'achat d'un meuble de bonne facture même si la partie dite « bois massif » se limite à la façade. La demande était donc moins forte mais il restait tout de même à satisfaire tous ceux pour qui un meuble doit rester une oeuvre d'art. Malheureusement les clients se sont raréfiés, Per Gall dut mettre la clé sous la porte.</p> <p>Photos</p> <p>Chambre sculptée : reproduction d'un modèle très précisément daté de 1680 mais dont l'origine exacte n'est pas connue</p> <p>Il y avait encore de nombreux ateliers d'ébénisterie dans la région dans les années 1970, au moins un par canton. Per Gall était le dernier à perpétuer cet art dans le sud finistère. On constate à regret un manque de volonté de la part des pouvoirs publics pour que perdure cette tradition. C'est pourtant une question de sauvegarde du patrimoine qui est en jeu.</p> Amiral Ronarc'h héros de la guerre 14-18 http://decouvrir.othpb.com/Amiral-Ronarc-h-heros-de-la-guerre <p>Brillant élève de l' école navale, plus jeune capitaine de vaisseau à 42 ans, Pierre Alexis Ronarc'h fut nommé contre-amiral en juin 1914, et c'est à ce titre qu'il s'illustra à la tête de sa brigade de fusiliers marins de Lorient lancés en « enfants perdus » à la défense de Dixmude sur l'Yser, passage obligé des troupes allemandes chargées de neutraliser les ports de Calais et de Dunkerque L'amiral Ronarc'h, à la tête de sa brigade venue renforcer l'armée belge, devait tenir sa position entre Nieuport et Ypres ce qui fut fait au prix de nombreuses pertes humaines. Mais l'avancée allemande s'en trouva stoppée. Cette première victoire stabilisa le front et interdit à l'Allemagne de mener à bien son projet de couper l'Angleterre de la France et d'empêcher ainsi le transport de troupes et de matériel.</p> <p>En 1916 il est nommé commandant des forces navales dans la zone des armées du nord. La collaboration avec les armées britanniques assurera la maîtrise du Pas de Calais menacé par les sous marins allemands les fameux U-boots.</p> <p>De nombreuses villes bretonnes ont donné son nom à une de leurs rues et en particulier Ploneour Lanvern.</p> Mon, 30 Jun 2014 11:58:40 +0200 Jeannine Yannic <p>Brillant élève de l' école navale, plus jeune capitaine de vaisseau à 42 ans, Pierre Alexis Ronarc'h fut nommé contre-amiral en juin 1914, et c'est à ce titre qu'il s'illustra à la tête de sa brigade de fusiliers marins de Lorient lancés en « enfants perdus » à la défense de Dixmude sur l'Yser, passage obligé des troupes allemandes chargées de neutraliser les ports de Calais et de Dunkerque L'amiral Ronarc'h, à la tête de sa brigade venue renforcer l'armée belge, devait tenir sa position entre Nieuport et Ypres ce qui fut fait au prix de nombreuses pertes humaines. Mais l'avancée allemande s'en trouva stoppée. Cette première victoire stabilisa le front et interdit à l'Allemagne de mener à bien son projet de couper l'Angleterre de la France et d'empêcher ainsi le transport de troupes et de matériel.</p> <p>En 1916 il est nommé commandant des forces navales dans la zone des armées du nord. La collaboration avec les armées britanniques assurera la maîtrise du Pas de Calais menacé par les sous marins allemands les fameux U-boots.</p> <p>De nombreuses villes bretonnes ont donné son nom à une de leurs rues et en particulier Ploneour Lanvern.</p> 1917 - Les hydravions de l'Ile Tudy http://decouvrir.othpb.com/1917-Les-hydravions-de-l-Ile-Tudy <p>Avant leur entrée officielle dans la guerre en 1917, les Etats Unis apportèrent une aide précieuse aux alliés en les approvisionnant en nourriture, pétrole et engins de guerre. Ce qui ne faisait bien sûr pas l'affaire de l'Allemagne qui lança à l'attaque ses sous-marins de poche, les fameux U-boot. Ceux-ci, n'ayant qu'un rayon d'action limité, traquaient les convois seulement à l'approche de la Manche. Quand l'affrontement avait lieu les pertes en hommes et en matériel étaient considérables alors que les sous-marins s'en tiraient le plus souvent à bon compte.</p> <p>Il fallait absolument endiguer cette hémorragie, l'issue de la guerre en dépendait en partie. Un nouvel appareil volant venait d'être mis au point en France : l'hydravion. Il apparut être la seule arme efficace contre les sous-marins. Le centre d'aviation maritime de Lorient décida alors, en 1917, d'installer deux bases : une sur la côte bigouden et plus précisément dans l'anse du Pouldu de l'île Tudy qui se trouvait particulièrement adaptée pour servir d'abri à ce matériel : quatre hydrations arrivèrent en juin rejoints bientôt par 18 autres venus des Etats Unis qui nécessitèrent la construction d'une nouvelle cale et l'accueil de près de 400 américains qui prirent leurs quartiers sur l'île ; l'autre base fut installée près de Morlaix.</p> <p>Les U-boots, engins encore bien peu sophistiqués, évoluaient à l'aide d'un moteur diesel qui exigeait une navigation en surface. Les batteries installées à bord n'assurant qu'une faible autonomie, les moment de plongée étaient limités. Il était donc aisé aux hydravions de les repérer.</p> <p>Dès lors les convois étaient escortés et les attaques d'U-boots se firent plus rares certains d'entre eux ayant appris à leurs dépens, au cours de la quinzaine de bombardements qui furent déclenchés, ce qu'il en coûtait désormais de s'approcher trop près des navires.</p> <p>Deux pilotes américains trouvèrent la mort quand leur avion s'écrasa sur l'île Chevalier. Leurs corps reposent à l'île Tudy.</p> Mon, 30 Jun 2014 11:58:13 +0200 Jeannine Yannic <p>Avant leur entrée officielle dans la guerre en 1917, les Etats Unis apportèrent une aide précieuse aux alliés en les approvisionnant en nourriture, pétrole et engins de guerre. Ce qui ne faisait bien sûr pas l'affaire de l'Allemagne qui lança à l'attaque ses sous-marins de poche, les fameux U-boot. Ceux-ci, n'ayant qu'un rayon d'action limité, traquaient les convois seulement à l'approche de la Manche. Quand l'affrontement avait lieu les pertes en hommes et en matériel étaient considérables alors que les sous-marins s'en tiraient le plus souvent à bon compte.</p> <p>Il fallait absolument endiguer cette hémorragie, l'issue de la guerre en dépendait en partie. Un nouvel appareil volant venait d'être mis au point en France : l'hydravion. Il apparut être la seule arme efficace contre les sous-marins. Le centre d'aviation maritime de Lorient décida alors, en 1917, d'installer deux bases : une sur la côte bigouden et plus précisément dans l'anse du Pouldu de l'île Tudy qui se trouvait particulièrement adaptée pour servir d'abri à ce matériel : quatre hydrations arrivèrent en juin rejoints bientôt par 18 autres venus des Etats Unis qui nécessitèrent la construction d'une nouvelle cale et l'accueil de près de 400 américains qui prirent leurs quartiers sur l'île ; l'autre base fut installée près de Morlaix.</p> <p>Les U-boots, engins encore bien peu sophistiqués, évoluaient à l'aide d'un moteur diesel qui exigeait une navigation en surface. Les batteries installées à bord n'assurant qu'une faible autonomie, les moment de plongée étaient limités. Il était donc aisé aux hydravions de les repérer.</p> <p>Dès lors les convois étaient escortés et les attaques d'U-boots se firent plus rares certains d'entre eux ayant appris à leurs dépens, au cours de la quinzaine de bombardements qui furent déclenchés, ce qu'il en coûtait désormais de s'approcher trop près des navires.</p> <p>Deux pilotes américains trouvèrent la mort quand leur avion s'écrasa sur l'île Chevalier. Leurs corps reposent à l'île Tudy.</p> Jean des Merveilles http://decouvrir.othpb.com/Jean-des-Merveilles <p>Jean des Merveilles/Yann ar Burzuhdou "</p> <p>Identité : Alain Hélias</p> <p>Profession : sabotier-paysan ,journalier et conteur</p> <p>Filiation : Grand -père paternel de Pierre Jakez Hélias</p> <p>Dans son œuvre « Le Cheval D'Orgueil « Pierre Jakez Hélias évoque, d'une part son grand- père maternel, Alain Le Goff, (mort en 1934), cantonnier, qui joua un rôle important dans son éducation d'autre part,son grand-père paternel prénommé, lui aussi, Alain .<span class='spip_document_1334 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/kerveillant_300.jpg' width="300" height="225" alt="" /></span> Ce dernier, (mort en 1931),sabotier, a eu lui aussi une influence sur son petit fils au travers des contes et légendes du pays Bigouden qu'il racontait lors des veillées. C 'est tout un univers de traditions, de coutumes et de cultures, d' enseignement de la vie qui lui ont été transmises par ses 2 aïeux .</p> <p>Sur les traces de Alain Hélias</p> <p>Alain Hélias était à la tête d'une famille nombreuse de 8 enfants ; il était installé sur la commune de Plozévet au nord de Pouldreuzic et locataire d'un bout de maison, de quelques champs qui appartenait à la famille le Guellec. Pour subvenir aux besoins de la famille, lui et sa femme (Katrina Gourret) étaient aussi journaliers sur les grandes exploitations alentours.</p> <p><span class='spip_document_1335 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/kerveillant_450.jpg' width="450" height="338" alt="" /></span></p> <p>En plus du travail de la terre, Alain Hélias exerçait le métier de sabotier ; fabriquait des sabots en hêtre et ensuite les vendait pour essayer d'avoir suffisamment d'argent pour assumer toutes ses dépenses.</p> <p>Définition d'un paroir : outil pour façonner l'extérieur du sabot, en forme de sabre et muni d'un crochet à son extrémité que l'on engageait dans un anneau fixé au billot ; on le manie comme un levier</p> <p><span class='spip_document_1336 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/paroir_450.jpg' width="450" height="338" alt="" /></span></p> <p>Et lorsque venait le temps des veillées, dans la pénombre rougeoyante de l'âtre, il devenait un passeur d'histoire(au singulier ou au pluriel ?), un diseur de merveilles ….</p> <p>Sur le plan politique, il faisait partie du clan des « rouges », c'est-à-dire des républicains radicaux qui soutenaient le député Albert Le Bail ; d'ailleurs signe de cette appartenance : il portait un bonnet républicain.</p> Tue, 27 May 2014 11:49:35 +0200 Régine Caradec <p>Jean des Merveilles/Yann ar Burzuhdou "</p> <p>Identité : Alain Hélias</p> <p>Profession : sabotier-paysan ,journalier et conteur</p> <p>Filiation : Grand -père paternel de Pierre Jakez Hélias</p> <p>Dans son œuvre « Le Cheval D'Orgueil « Pierre Jakez Hélias évoque, d'une part son grand- père maternel, Alain Le Goff, (mort en 1934), cantonnier, qui joua un rôle important dans son éducation d'autre part,son grand-père paternel prénommé, lui aussi, Alain .<span class='spip_document_1334 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/kerveillant_300.jpg' width="300" height="225" alt="" /></span> Ce dernier, (mort en 1931),sabotier, a eu lui aussi une influence sur son petit fils au travers des contes et légendes du pays Bigouden qu'il racontait lors des veillées. C 'est tout un univers de traditions, de coutumes et de cultures, d' enseignement de la vie qui lui ont été transmises par ses 2 aïeux .</p> <p>Sur les traces de Alain Hélias</p> <p>Alain Hélias était à la tête d'une famille nombreuse de 8 enfants ; il était installé sur la commune de Plozévet au nord de Pouldreuzic et locataire d'un bout de maison, de quelques champs qui appartenait à la famille le Guellec. Pour subvenir aux besoins de la famille, lui et sa femme (Katrina Gourret) étaient aussi journaliers sur les grandes exploitations alentours.</p> <p><span class='spip_document_1335 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/kerveillant_450.jpg' width="450" height="338" alt="" /></span></p> <p>En plus du travail de la terre, Alain Hélias exerçait le métier de sabotier ; fabriquait des sabots en hêtre et ensuite les vendait pour essayer d'avoir suffisamment d'argent pour assumer toutes ses dépenses.</p> <p>Définition d'un paroir : outil pour façonner l'extérieur du sabot, en forme de sabre et muni d'un crochet à son extrémité que l'on engageait dans un anneau fixé au billot ; on le manie comme un levier</p> <p><span class='spip_document_1336 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/paroir_450.jpg' width="450" height="338" alt="" /></span></p> <p>Et lorsque venait le temps des veillées, dans la pénombre rougeoyante de l'âtre, il devenait un passeur d'histoire(au singulier ou au pluriel ?), un diseur de merveilles ….</p> <p>Sur le plan politique, il faisait partie du clan des « rouges », c'est-à-dire des républicains radicaux qui soutenaient le député Albert Le Bail ; d'ailleurs signe de cette appartenance : il portait un bonnet républicain.</p> Marraines de guerre http://decouvrir.othpb.com/Marraines-de-guerre <p>Début de la Première Guerre mondiale</p> <p>Suite à l'assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajévo le 01 août 14, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, tandis que la France impose la mobilisation générale. Le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France et le 4 août ses troupes violent la neutralité de la Belgique. Toutes les grandes nations européennes entrent dans le conflit avec l'idée qu'il sera court. Le conflit va durer 4 ans et rien n‘a été prévu pour soutenir le moral du militaire .</p> <p>Pour pallier à ce manque, la famille du soldat voit le jour en janvier 1915 pour remplacer la famille absente. Les marraines de guerre écrivent des lettres ou envoient des colis aux soldats sans famille ou blessés.</p> <p>Cependant, " le marrainage" s'étend très largement au-delà des soldats privés de famille et échappe au contrôle des œuvres fondées en 1915. Cette institution va être sévèrement critiquée, pour certains, la marraine de guerre devient le reflet du délabrement des mœurs. Quant à l'armée, elle, redoute que des espions se glissent dans la peau des correspondantes pour connaître toutes les actions militaires qui pourraient être utiles à l'ennemi. La marraine rappelle que les héros sont des hommes qui souffrent et ont besoin d'affection.</p> <p>Malgré ces attaques, le phénomène des marraines ne disparaîtra pas .</p> <p>Anecdote heureuse de Charles Jourdain qui échappa à la mort grâce au carnet de prières que lui avait donné sa marraine : Lady EGERTON.</p> <p>Charles Jourdain, artisan plombier à Plozévet avait pour marraine Lady Egerton, comtesse anglaise. Celle-ci offrit à son filleul un épais carnet de prières, qu'il mit dans la poche de son uniforme situé à la hauteur de son cœur. Le 20 juillet 1918, à Villiers-Cotterêts (Marne), lors d'un combat, une balle allemande vient frapper Charles Jourdain en plein cœur, cette balle est déviée par le carnet , Charles Jourdain s'en tire avec une simple éraflure et une plaie à l'épaule .</p> <p>NB : Le cas de M Charles Jourdain n'est pas isolé, dans d'autres cas , le soldat eut la vie sauve grâce à une boucle de laiton , un épais porte-feuille, un porte-monnaie …Tout dépendait de la distance à laquelle le projectile avait été tiré .</p> <p><i>Avec l'aimable autorisation de M Le Berre</p> <p>Pour en savoir plus : Exposition centenaire guerre 14-18- Salle Jules Ferry 29710 Plozévet - du 15/06/2014 au 15/07/2014 de 14h00 à17h00.</i></p> Tue, 27 May 2014 11:15:49 +0200 Régine Caradec <p>Début de la Première Guerre mondiale</p> <p>Suite à l'assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajévo le 01 août 14, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, tandis que la France impose la mobilisation générale. Le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France et le 4 août ses troupes violent la neutralité de la Belgique. Toutes les grandes nations européennes entrent dans le conflit avec l'idée qu'il sera court. Le conflit va durer 4 ans et rien n‘a été prévu pour soutenir le moral du militaire .</p> <p>Pour pallier à ce manque, la famille du soldat voit le jour en janvier 1915 pour remplacer la famille absente. Les marraines de guerre écrivent des lettres ou envoient des colis aux soldats sans famille ou blessés.</p> <p>Cependant, " le marrainage" s'étend très largement au-delà des soldats privés de famille et échappe au contrôle des œuvres fondées en 1915. Cette institution va être sévèrement critiquée, pour certains, la marraine de guerre devient le reflet du délabrement des mœurs. Quant à l'armée, elle, redoute que des espions se glissent dans la peau des correspondantes pour connaître toutes les actions militaires qui pourraient être utiles à l'ennemi. La marraine rappelle que les héros sont des hommes qui souffrent et ont besoin d'affection.</p> <p>Malgré ces attaques, le phénomène des marraines ne disparaîtra pas .</p> <p>Anecdote heureuse de Charles Jourdain qui échappa à la mort grâce au carnet de prières que lui avait donné sa marraine : Lady EGERTON.</p> <p>Charles Jourdain, artisan plombier à Plozévet avait pour marraine Lady Egerton, comtesse anglaise. Celle-ci offrit à son filleul un épais carnet de prières, qu'il mit dans la poche de son uniforme situé à la hauteur de son cœur. Le 20 juillet 1918, à Villiers-Cotterêts (Marne), lors d'un combat, une balle allemande vient frapper Charles Jourdain en plein cœur, cette balle est déviée par le carnet , Charles Jourdain s'en tire avec une simple éraflure et une plaie à l'épaule .</p> <p>NB : Le cas de M Charles Jourdain n'est pas isolé, dans d'autres cas , le soldat eut la vie sauve grâce à une boucle de laiton , un épais porte-feuille, un porte-monnaie …Tout dépendait de la distance à laquelle le projectile avait été tiré .</p> <p><i>Avec l'aimable autorisation de M Le Berre</p> <p>Pour en savoir plus : Exposition centenaire guerre 14-18- Salle Jules Ferry 29710 Plozévet - du 15/06/2014 au 15/07/2014 de 14h00 à17h00.</i></p> Monument aux morts de la guerre 14/18 http://decouvrir.othpb.com/Monument-aux-morts-de-la-guerre-14 <p><span class='spip_document_1322 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:225px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts1.jpg' width="225" height="300" alt="" /></span>A Plozévet c'est le recueillement d'un père qui est décrit , en effet au lendemain de la guerre, le député-maire de Plozévet, Georges Le Bail (1857-1937), tient à ériger un monument rappelant un symbole de la Bretagne : un menhir. Pour cela, une pierre est choisie dans un champ près du village de Kerrien, le menhir est posé et juchée sur deux diables servant normalement à transporter des troncs d'arbre. Ce sont des chevaux de halage habitués à tracter des navires de l'Odet vers le port de Quimper qui l'ont transporté. La statue située auprès du menhir a été réalisée par René Quillivic. Il est décidé de rendre hommage à la famille la plus endeuillée de Plozévet. Le sculpteur demande à Monsieur Strullu, qui a perdu quatre fils, de servir de modèle. Celui-ci refuse. Et c'est Sébastien le Gouill qui lui a perdu 3 fils et un gendre qui servira de modèle. On peut y lire cette phrase émouvante : "da garet hon euz gret bro c'hall betek mervel" qui signifie : j'ai beaucoup aimé mon Pays, jusqu'à en mourir " ... Ce monument a été inauguré en 1922.</p> <p>Dans d'autres communes avoisinantes, ce sont les soldats que l'on a célébré Pouldreuzic, Plonéour-Lanvern ….</p> <p><span class='spip_document_1327 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts2.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span> <span class='spip_document_1328 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts3.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span></p> Tue, 27 May 2014 11:14:51 +0200 Régine Caradec <p><span class='spip_document_1322 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:225px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts1.jpg' width="225" height="300" alt="" /></span>A Plozévet c'est le recueillement d'un père qui est décrit , en effet au lendemain de la guerre, le député-maire de Plozévet, Georges Le Bail (1857-1937), tient à ériger un monument rappelant un symbole de la Bretagne : un menhir. Pour cela, une pierre est choisie dans un champ près du village de Kerrien, le menhir est posé et juchée sur deux diables servant normalement à transporter des troncs d'arbre. Ce sont des chevaux de halage habitués à tracter des navires de l'Odet vers le port de Quimper qui l'ont transporté. La statue située auprès du menhir a été réalisée par René Quillivic. Il est décidé de rendre hommage à la famille la plus endeuillée de Plozévet. Le sculpteur demande à Monsieur Strullu, qui a perdu quatre fils, de servir de modèle. Celui-ci refuse. Et c'est Sébastien le Gouill qui lui a perdu 3 fils et un gendre qui servira de modèle. On peut y lire cette phrase émouvante : "da garet hon euz gret bro c'hall betek mervel" qui signifie : j'ai beaucoup aimé mon Pays, jusqu'à en mourir " ... Ce monument a été inauguré en 1922.</p> <p>Dans d'autres communes avoisinantes, ce sont les soldats que l'on a célébré Pouldreuzic, Plonéour-Lanvern ….</p> <p><span class='spip_document_1327 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts2.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span> <span class='spip_document_1328 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts3.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span></p> Les œuvres de René Quivillic sur la commune de Plozévet http://decouvrir.othpb.com/Les-oeuvres-de-Rene-Quivillic-sur <p><span class='spip_document_1333 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_GLeBail.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span>C'est grâce à M. Georges Le Bail, maire de Plozévet, que René Quivillic obtint une bourse d'études. Les deux hommes se lièrent d'amitié et c'est vraisemblablement la raison pour laquelle il fit don de plusieurs de ses œuvres à Plozévet.</p> <p>René Quivillic est né à Plouhinec en 1879. Adolescent il pratique la pêche puis travaille dans une menuiserie où il apprend les bases de la sculpture sur bois. Il entreprend ensuite un « tour de France » et devient Compagnon Menuisier Charpentier. Un passage à l'exposition universelle de 1900 à Paris lui permet d'intégrer l'école des arts décoratifs puis l'atelier du sculpteur Antoine Mercié à l'école des Beaux Arts.</p> <p>Il commence à exposer en 1905 au Salon des Artistes Français puis au Salon des Indépendants à Paris où ses œuvres font ressortir son attachement à la Bretagne et comment il s'inspire de la vie quotidienne. Sa notoriété se répand dans le Finistère c'est pourquoi nombre de maires lui commandent à la fin de la guerre 14-18 la réalisation de monuments aux morts.</p> <p><strong>Œuvres du sculpteur exposées à Plozévet</strong></p> <p> Sur le placitre de l'église deux monuments :</p> <p> <strong>Monument dédié aux morts de la guerre 14-18</strong></p> <p>Contrairement à l'habitude qui était pour un tel monument de représenter une mère effondrée de douleur René Quivillic sculpta, adossé à un menhir, un homme vêtu de son costume breton, le chapeau à la main , plein de dignité malgré son immense chagrin ; pour cette œuvre il a pris pour modèle un plozévétien, Sébastien le Gouill qui perdit ses trois fils et son gendre pendant la grande guerre.</p> <p>Les noms des matyrs s'affichent sur le menhir</p> <p> <strong>Monument aux morts de la guerre 39-45</strong></p> <p><span class='spip_document_1330 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts3-2.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span>Après avoir rejeté l'idée d'une stèle accolée au premier monument, on fit appel à René Quivillic qui proposa un menhir à tête de bigouden portant sa coiffe. Ce nouveau monument remporta un succès mitigé dans la population.</p> <p>Les noms de 38 morts de la seconde guerre mondiale et ceux de la guerre d'Indochine figurent là aussi sur le menhir.</p> <p> <strong> Les sonneurs</strong></p> <p>La confrérie des sonneurs était très importante à Plozévet se produisant dans les mariages et les fêtes. René Quillivic voulut leur rendre hommage et exécuta un bronze d'un couple de sonneur (biniou et bombarde) en prenant pour modèles les frères Gueguen très réputés. Les gestes et les attitudes sont représentées avec exactitude. Cette œuvre remporta un franc succès qui valut à René Quillivic en 1907 la médaille d'or du salon des Beaux Arts à Paris. L'inauguration eut lieu en présence de Jean Zay, ministre de l'éducation nationale et des beaux arts.</p> <p>C'est au cours du banquet qui fut servit ensuite que René Quillivic remarqua une jolie bigouden qui, on le sut plus tard, se révéla être la cousine de Pierre Jakez Hélias (voir <a href='http://decouvrir.othpb.com/Per-Jakez-HELIAS-ecrivain-et' class='spip_out'>Per-Jakez Hélias écrivain et conteur</a>). Il trouva son « port de coiffe » particulièrement élégant et lui demanda de lui servir de modèle pour un autre projet de statue celle qui s'appelle actuellement <a href='http://decouvrir.othpb.com/La-Bigouden-de-Pors-Poulhan' class='spip_out'>« La bigouden de Pors Poullan »</a></p> <p> <strong>Le buste de Georges Le Bai</strong>l</p> <p>La dynastie des Le Bail s'imposa à la tête de la mairie de Plozévet pendant près d'un siècle mais seul Georges eut les faveurs de son ami René Quivillic qui lui consacra une sculpture. Le buste exécuté en bronze se trouve bien sûr devant la mairie. <span class='spip_document_1332 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Sonneurs.jpg' width="600" height="800" alt="" /></span></p> Tue, 27 May 2014 11:13:23 +0200 Régine Caradec <p><span class='spip_document_1333 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_GLeBail.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span>C'est grâce à M. Georges Le Bail, maire de Plozévet, que René Quivillic obtint une bourse d'études. Les deux hommes se lièrent d'amitié et c'est vraisemblablement la raison pour laquelle il fit don de plusieurs de ses œuvres à Plozévet.</p> <p>René Quivillic est né à Plouhinec en 1879. Adolescent il pratique la pêche puis travaille dans une menuiserie où il apprend les bases de la sculpture sur bois. Il entreprend ensuite un « tour de France » et devient Compagnon Menuisier Charpentier. Un passage à l'exposition universelle de 1900 à Paris lui permet d'intégrer l'école des arts décoratifs puis l'atelier du sculpteur Antoine Mercié à l'école des Beaux Arts.</p> <p>Il commence à exposer en 1905 au Salon des Artistes Français puis au Salon des Indépendants à Paris où ses œuvres font ressortir son attachement à la Bretagne et comment il s'inspire de la vie quotidienne. Sa notoriété se répand dans le Finistère c'est pourquoi nombre de maires lui commandent à la fin de la guerre 14-18 la réalisation de monuments aux morts.</p> <p><strong>Œuvres du sculpteur exposées à Plozévet</strong></p> <p> Sur le placitre de l'église deux monuments :</p> <p> <strong>Monument dédié aux morts de la guerre 14-18</strong></p> <p>Contrairement à l'habitude qui était pour un tel monument de représenter une mère effondrée de douleur René Quivillic sculpta, adossé à un menhir, un homme vêtu de son costume breton, le chapeau à la main , plein de dignité malgré son immense chagrin ; pour cette œuvre il a pris pour modèle un plozévétien, Sébastien le Gouill qui perdit ses trois fils et son gendre pendant la grande guerre.</p> <p>Les noms des matyrs s'affichent sur le menhir</p> <p> <strong>Monument aux morts de la guerre 39-45</strong></p> <p><span class='spip_document_1330 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Ploz_MonMorts3-2.jpg' width="300" height="400" alt="" /></span>Après avoir rejeté l'idée d'une stèle accolée au premier monument, on fit appel à René Quivillic qui proposa un menhir à tête de bigouden portant sa coiffe. Ce nouveau monument remporta un succès mitigé dans la population.</p> <p>Les noms de 38 morts de la seconde guerre mondiale et ceux de la guerre d'Indochine figurent là aussi sur le menhir.</p> <p> <strong> Les sonneurs</strong></p> <p>La confrérie des sonneurs était très importante à Plozévet se produisant dans les mariages et les fêtes. René Quillivic voulut leur rendre hommage et exécuta un bronze d'un couple de sonneur (biniou et bombarde) en prenant pour modèles les frères Gueguen très réputés. Les gestes et les attitudes sont représentées avec exactitude. Cette œuvre remporta un franc succès qui valut à René Quillivic en 1907 la médaille d'or du salon des Beaux Arts à Paris. L'inauguration eut lieu en présence de Jean Zay, ministre de l'éducation nationale et des beaux arts.</p> <p>C'est au cours du banquet qui fut servit ensuite que René Quillivic remarqua une jolie bigouden qui, on le sut plus tard, se révéla être la cousine de Pierre Jakez Hélias (voir <a href='http://decouvrir.othpb.com/Per-Jakez-HELIAS-ecrivain-et' class='spip_out'>Per-Jakez Hélias écrivain et conteur</a>). Il trouva son « port de coiffe » particulièrement élégant et lui demanda de lui servir de modèle pour un autre projet de statue celle qui s'appelle actuellement <a href='http://decouvrir.othpb.com/La-Bigouden-de-Pors-Poulhan' class='spip_out'>« La bigouden de Pors Poullan »</a></p> <p> <strong>Le buste de Georges Le Bai</strong>l</p> <p>La dynastie des Le Bail s'imposa à la tête de la mairie de Plozévet pendant près d'un siècle mais seul Georges eut les faveurs de son ami René Quivillic qui lui consacra une sculpture. Le buste exécuté en bronze se trouve bien sûr devant la mairie. <span class='spip_document_1332 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Sonneurs.jpg' width="600" height="800" alt="" /></span></p> Per-Jakez HELIAS écrivain et conteur http://decouvrir.othpb.com/Per-Jakez-HELIAS-ecrivain-et <p><span class='spip_document_1238 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/perjakezhelias-2.jpg' width="211" height="198" alt="" /></span></p> <p>Mais qui était ce bretonnant qui savait si bien raconter la vie de sa région ?</p> <p>Né en 1914 à Pouldreuzic, dans une famille d'ouvriers agricoles ne parlant que le breton, il apprit si bien le français à l'école qu'il devint à son tour enseignant, et pas n'importe quel enseignant : professeur agrégé de lettres classiques. Il ajouta à ses activités celles de journaliste, de chroniqueur, d'écrivain et de poète.</p> <p>En 1946 il fut chargé d'animer des émissions radiophoniques hebdomadaires en breton à l'usage de ceux qui ne connaissent guère que cette langue (encore fallait-il posséder un poste et être alimenté en électricité). Il fut aussi, en 1948, co-fondateur du festival de Cornouaille. Il aimait à se réclamer de sa double appartenance : « Je suis parfaitement bilingue et biculturé, doublement acclimaté » (*). Il écrivait indifféremment dans les deux langues. D'abord des sketches puis des oeuvres poétiques et quelques romans mais ce sont ses chroniques ethnographiques qui lui apportèrent la célébrité. Il fut décrit comme l'écrivain breton du siècle après la parution du « Cheval d'orgueil » mais ce qualificatif en chagrina plus d'un parmi ses pairs qui trouvaient ce titre usurpé. Cette notoriété n'a pas faibli pour celui qui ne semblait vouloir que raconter sa Bretagne, lui « que sa date de naissance et sa condition première ont placé à la charnière de deux mondes, deux civilisations, deux cultures et qui a résisté à la tentation de renier l'une ou l'autre » (*). Il n'empêche aussi qu'il eut l'honneur d'être décoré de l'Ordre de l 'Hermine, distinction qui remonte à l'époque de la chevalerie mais qui a toujours cours actuellement et qui est décernée par l'Institut culturel de Bretagne.</p> <p>A travers ses écrits il témoignera au nom des siens, les humbles, il racontera la société bretonne traditionnelle de cette première moitié du XXe siècle qui vivait selon un code strictement établi et respecté, il dira combien furent riches les enseignements que lui apporta sa famille. Ainsi cette citation d'Alain le Goff, son grand père maternel « Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin ».</p> <p>Per-Jakez HELIAS nous a quittés en 1995.</p> <p>(*) « Le quêteur de mémoire » : "quarante ans de recherche sur les mythes et la civilisation bretonne"</p> Sat, 22 Feb 2014 10:08:00 +0100 Jeannine Yannic <p><span class='spip_document_1238 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/perjakezhelias-2.jpg' width="211" height="198" alt="" /></span></p> <p>Mais qui était ce bretonnant qui savait si bien raconter la vie de sa région ?</p> <p>Né en 1914 à Pouldreuzic, dans une famille d'ouvriers agricoles ne parlant que le breton, il apprit si bien le français à l'école qu'il devint à son tour enseignant, et pas n'importe quel enseignant : professeur agrégé de lettres classiques. Il ajouta à ses activités celles de journaliste, de chroniqueur, d'écrivain et de poète.</p> <p>En 1946 il fut chargé d'animer des émissions radiophoniques hebdomadaires en breton à l'usage de ceux qui ne connaissent guère que cette langue (encore fallait-il posséder un poste et être alimenté en électricité). Il fut aussi, en 1948, co-fondateur du festival de Cornouaille. Il aimait à se réclamer de sa double appartenance : « Je suis parfaitement bilingue et biculturé, doublement acclimaté » (*). Il écrivait indifféremment dans les deux langues. D'abord des sketches puis des oeuvres poétiques et quelques romans mais ce sont ses chroniques ethnographiques qui lui apportèrent la célébrité. Il fut décrit comme l'écrivain breton du siècle après la parution du « Cheval d'orgueil » mais ce qualificatif en chagrina plus d'un parmi ses pairs qui trouvaient ce titre usurpé. Cette notoriété n'a pas faibli pour celui qui ne semblait vouloir que raconter sa Bretagne, lui « que sa date de naissance et sa condition première ont placé à la charnière de deux mondes, deux civilisations, deux cultures et qui a résisté à la tentation de renier l'une ou l'autre » (*). Il n'empêche aussi qu'il eut l'honneur d'être décoré de l'Ordre de l 'Hermine, distinction qui remonte à l'époque de la chevalerie mais qui a toujours cours actuellement et qui est décernée par l'Institut culturel de Bretagne.</p> <p>A travers ses écrits il témoignera au nom des siens, les humbles, il racontera la société bretonne traditionnelle de cette première moitié du XXe siècle qui vivait selon un code strictement établi et respecté, il dira combien furent riches les enseignements que lui apporta sa famille. Ainsi cette citation d'Alain le Goff, son grand père maternel « Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin ».</p> <p>Per-Jakez HELIAS nous a quittés en 1995.</p> <p>(*) « Le quêteur de mémoire » : "quarante ans de recherche sur les mythes et la civilisation bretonne"</p> La Bigouden de Pors Poulhan http://decouvrir.othpb.com/La-Bigouden-de-Pors-Poulhan <p>Ancrée sur un promontoire, au dessus du charmant petit port de Pors Poulhan, une bigouden de kersantite (granit) semble protéger l'entrée du Pays Bigouden depuis la route qui vient du Cap Sizun. Elle a été installée opportunément juste à la frontière entre les deux pays et sur son socle on peut lire, en breton puis en français : « ama echu bro bigouden » et « ici finit le Pays Bigouden ». Entre ses mains un blason avec l'hermine, symbole de l'Armor. Elle porte bien sûr le costume bigouden et la coiffe ne semble pas attendre la taille démesurée qu'elle a pourtant à l'époque durant laquelle elle a été sculptée.</p> <p><span class='spip_document_1281 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/La_Bigouden_de_Pors_Poulhan.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>C'est en 1961 qu'elle a été implantée là face à la mer. La mairie de Plozévet l'avait commandée au peintre Plouhinécois René Quillivic qui a pris pour modèle une jeune femme cousine, paraît-il, du célèbre écrivain bigouden Pierre Jakez Helias (voir sur ce même site « Pierre Jakez Helias écrrivain et conteur »).</p> <p><span class='spip_document_1282 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Bigouden_2.jpg' width="450" height="675" alt="" /></span></p> <p>Rohan, compositeur interprête de chants marins, s'en est inspiré et a intitulé une de ses créations « La bigouden de Pors Poulhan » dans laquelle il rappelle la dure réalité de la vie des familles de marins. Ici c'est une belle qui scrute anxieusement l'horizon dans l'espoir de revoir bientôt celui qu'elle aime.</p> Sat, 08 Feb 2014 17:03:00 +0100 Jeannine Yannic <p>Ancrée sur un promontoire, au dessus du charmant petit port de Pors Poulhan, une bigouden de kersantite (granit) semble protéger l'entrée du Pays Bigouden depuis la route qui vient du Cap Sizun. Elle a été installée opportunément juste à la frontière entre les deux pays et sur son socle on peut lire, en breton puis en français : « ama echu bro bigouden » et « ici finit le Pays Bigouden ». Entre ses mains un blason avec l'hermine, symbole de l'Armor. Elle porte bien sûr le costume bigouden et la coiffe ne semble pas attendre la taille démesurée qu'elle a pourtant à l'époque durant laquelle elle a été sculptée.</p> <p><span class='spip_document_1281 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/La_Bigouden_de_Pors_Poulhan.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>C'est en 1961 qu'elle a été implantée là face à la mer. La mairie de Plozévet l'avait commandée au peintre Plouhinécois René Quillivic qui a pris pour modèle une jeune femme cousine, paraît-il, du célèbre écrivain bigouden Pierre Jakez Helias (voir sur ce même site « Pierre Jakez Helias écrrivain et conteur »).</p> <p><span class='spip_document_1282 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Bigouden_2.jpg' width="450" height="675" alt="" /></span></p> <p>Rohan, compositeur interprête de chants marins, s'en est inspiré et a intitulé une de ses créations « La bigouden de Pors Poulhan » dans laquelle il rappelle la dure réalité de la vie des familles de marins. Ici c'est une belle qui scrute anxieusement l'horizon dans l'espoir de revoir bientôt celui qu'elle aime.</p> Les ruines de Languidou http://decouvrir.othpb.com/Les-ruines-de-Languidou <p>La chapelle de Languidou a été construite au cours du XIIIe siècle, au flanc d'une petite colline en bordure d'un ruisseau et à proximité de l'océan. Elle est dédiée à Saint Guidou (ou Saint Quideau) nom de l'un de ces moines qui accompagnaient les bretons venus s'installer en Armorique, vraisemblablement au cours du Ve siècle. Les saints hommes entreprirent de porter la bonne parole à ce peuple encore très peu christianisé. Guidou s'installa dans la région où il a su se faire accepter et respecter par tous puisque plusieurs siècles plus tard les fidèles jugèrent indispensable de construire deux chapelles en son honneur, celle-ci et la chapelle de Saint Quideau en Loctudy.</p> <p><span class='spip_document_1284 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Languidou_1-2.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>Vendue en 1794, comme tous les biens du clergé, la chapelle fut démolie en partie pour en récupérer les pierres destinées à la construction d'un corps de garde sur la commune. Ce petit bâtiment, situé près de Kergalan, était utilisé par les douaniers qui surveillaient la côte. Il n'en reste actuellement qu'un tas de ruines.</p> <p>La restauration partielle de la chapelle, ou plutôt sa consolidation, date du début du XXe siècle.</p> <p>Un placître l'entoure qui a longtemps servi de cimetière et sur lequel se trouvent un calvaire et deux stèles protohistoriques qui laissent penser que ce site devait être utilisé déjà depuis longtemps comme lieu de culte. Et, dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale, il fut décidé de sceller les pierres du muret ceingnant l'enclos, victimes qu'elles étaient de pillages incessants.</p> <p> En dehors, et de l'autre côté du ruisseau, une fontaine de dévotion à St Gorgon, patron de Plovan, mais qui, malheureusement mal entretenue, est peu visible car souvent envahie par la végétation</p> <p>La chapelle est peut-être le premier édifice érigé selon le style architectural de l'Ecole de Pont-Croix. Elle a été dessinée par Auffray de Guiriec à la demande du chanoine Guillaume et de Yves de Revesco (inscriptions faites sur le chapiteau mais qui ne sont plus lisibles actuellement). Le plan en est quasi rectangulaire, le chevet plat. La nef comprend quatre travées et deux collatéraux et le choeur trois travées et deux collatéraux. A noter la finesse de la grande rosace de l'abside.</p> <p> <span class='spip_document_1287 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Landuidou_2.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>Le culte n'y est plus célébré sauf, depuis une quizaine d'années, la messe du 15 août qui se déroule donc en plein air. Auparavant, mais plus maintenant, des processions étaient organisées qui menaient jusqu'à elle.</p> <p>Le lieu n'est pas fermé et donc accessible à tout moment par les visiteurs.</p> Sat, 08 Feb 2014 16:58:24 +0100 Jeannine Yannic <p>La chapelle de Languidou a été construite au cours du XIIIe siècle, au flanc d'une petite colline en bordure d'un ruisseau et à proximité de l'océan. Elle est dédiée à Saint Guidou (ou Saint Quideau) nom de l'un de ces moines qui accompagnaient les bretons venus s'installer en Armorique, vraisemblablement au cours du Ve siècle. Les saints hommes entreprirent de porter la bonne parole à ce peuple encore très peu christianisé. Guidou s'installa dans la région où il a su se faire accepter et respecter par tous puisque plusieurs siècles plus tard les fidèles jugèrent indispensable de construire deux chapelles en son honneur, celle-ci et la chapelle de Saint Quideau en Loctudy.</p> <p><span class='spip_document_1284 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Languidou_1-2.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>Vendue en 1794, comme tous les biens du clergé, la chapelle fut démolie en partie pour en récupérer les pierres destinées à la construction d'un corps de garde sur la commune. Ce petit bâtiment, situé près de Kergalan, était utilisé par les douaniers qui surveillaient la côte. Il n'en reste actuellement qu'un tas de ruines.</p> <p>La restauration partielle de la chapelle, ou plutôt sa consolidation, date du début du XXe siècle.</p> <p>Un placître l'entoure qui a longtemps servi de cimetière et sur lequel se trouvent un calvaire et deux stèles protohistoriques qui laissent penser que ce site devait être utilisé déjà depuis longtemps comme lieu de culte. Et, dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale, il fut décidé de sceller les pierres du muret ceingnant l'enclos, victimes qu'elles étaient de pillages incessants.</p> <p> En dehors, et de l'autre côté du ruisseau, une fontaine de dévotion à St Gorgon, patron de Plovan, mais qui, malheureusement mal entretenue, est peu visible car souvent envahie par la végétation</p> <p>La chapelle est peut-être le premier édifice érigé selon le style architectural de l'Ecole de Pont-Croix. Elle a été dessinée par Auffray de Guiriec à la demande du chanoine Guillaume et de Yves de Revesco (inscriptions faites sur le chapiteau mais qui ne sont plus lisibles actuellement). Le plan en est quasi rectangulaire, le chevet plat. La nef comprend quatre travées et deux collatéraux et le choeur trois travées et deux collatéraux. A noter la finesse de la grande rosace de l'abside.</p> <p> <span class='spip_document_1287 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Landuidou_2.jpg' width="450" height="300" alt="" /></span></p> <p>Le culte n'y est plus célébré sauf, depuis une quizaine d'années, la messe du 15 août qui se déroule donc en plein air. Auparavant, mais plus maintenant, des processions étaient organisées qui menaient jusqu'à elle.</p> <p>Le lieu n'est pas fermé et donc accessible à tout moment par les visiteurs.</p> La coiffe bigouden http://decouvrir.othpb.com/La-coiffe-bigouden <p>C'est au cours du XIe siècle qu'on a vu apparaître la coiffe bretonne qui a fait l'objet, depuis, de constantes recherches dans le raffinement et le souci du détail. Au XVe siècle on voit se constituer différents types de coiffes, blanches pour la plupart ( à l'Ile de Sein, les femmes en perpétuel deuil la portent noire) et sont la marque de l' « ethnie » c'est à dire la reconnaissance de l'appartenance à un doyenné (réunion de plusieurs paroisses).</p> <p><span class='spip_document_1312 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:323px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Bigoudenes-2.jpg' width="323" height="228" alt="" /></span>C'est à la fin du XVIIIe siècle que la coiffe souvent jugée disgracieuse de Pont l'Abbé (anciennement doyenné de Cap Caval) semble se dessiner. Elle sera appelée bigouden du nom breton de la pointe qui la surmonte à l'époque. Tout d'abord pratiquement plate et encore très basse au début du XIXe siècle elle finira par atteindre 35 et même 40cm à la fin du XXe. Pourquoi cette évolution rapide ? Aucune explication rationnelle n'est apparue mais une légende veut que ce soit en réaction à l'arbitraire de Louis XIV qui, en 1675, réprima fort brutalement la révolte, appelée la révolte du papier timbré, qui embrasa toute la Bretagne après l'instauration d'impôts nouveaux. Le dernier bastion qui refusa de rendre les armes fut le pays Bigouden en représailles de quoi le Roi Soleil fit raser quelques clochers (comme celui de la chapelle de Languivoa à Plonéour Lanvern). C'est en souvenir de cette rébellion et de ses conséquences que les femmes auraient fait prendre de la hauteur à leurs coiffes symbolisant ainsi les clochers abattus. Mais une explication bien plus simple est avancée : l'orgueil, le fameux orgueil bigouden (bien décrit par Pierre Jakez Helias dans son « Cheval d'orgueil ») qui, en même temps qu'il faisait augmenter la hauteur des coiffes, exigeait aussi qu'on ajoutât un étage à sa maison.</p> <p>Toutes les petites filles, vers 5-6 ans au début du XXe siècle, 8-10 ensuite, abandonnaient le bonnet de leur enfance pour porter la coiffe qui ne les quitteraient plus. Et ce jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.</p> <p>Quel calvaire pour ces bigoudens « en tenue » qui montaient en voiture : pas d'autre alternative que de faire tout le trajet la tête penchée sur le côté. Quand il s'agissait de faire un long parcours, "elles restaient sur leur <i>loutenn</i>" (velours) et n'installaient la coiffe qu'au terme du voyage. Et quelle patience pour s'en équiper ! C'est tout un art et la liste des éléments qui la composent est conséquente : un <i>koeff</i> <i>bléo</i> (bonnet), un peigne courbe servant de base, un <i>daledenn</i> (bande de tissu située à l' arrière de l' « édifice ») pour masquer les cheveux, la <i>koeff</i> (coiffe), qui sera auparavant amidonnée et passée entre les mains expertes de la repasseuse, les deux <i>lasenn</i> (longs rubans appelés lacets), sans oublier les épingles en bon nombre (dont certaines à tête nacrée) pour tenir arrimé le tout. Le bonnet est toujours en velours noir mais il peut être brodé, enjolivé de paillettes. Jusqu'en 1960 les lacets étaient en percale à dents et les coiffes en mousseline ou en tulle mais depuis on n'utilise que l'organdi. Les broderies plus ou moins raffinées qui les ornent ont des significations bien précises. Il y a la coiffe ordinaire comportant de simples ornements et la coiffe de cérémonie et ses lacets richement et diversement travaillés. Pour le deuil on affiche une grande sobriété, les lacets restent unis, les discrètes broderies de la coiffe représentent des motifs particuliers, toujours disposés de la même manière. Et jusque dans les années 20-30 les <i>koeff lienn melenn</i> (coiffes de deuil) n'étaient pas blanches mais en toile jaune orangé. Les toutes jeunes filles qui avaient perdu un proche pouvaient à l'occasion d'une cérémonie (jamais pour les obsèques) faire broder de noir leurs lacets.</p> <p>L'opération de la pose, délicate, se déroule de la façon suivante : le <i>koeff bléo</i> noué sous le menton laisse déborder des crans sur le front et de chaque côté du visage ; il est recouvert à l'arrière par les cheveux lissés, remontés jusqu'au sommet du crâne et retenus par un <i>ar</i> <i>veloutenn</i> (ruban de velours) qui ceint le peigne ; sur celui-ci on fixe le <i>dalédenn</i> puis la <i>koeff</i> elle-même avec les épingles ; puis les <i>lasennou</i> maintenant le tout viennent se nouer sous le menton en laissant bouffer un<i> lagadenn</i> (gros noeud) sur le côté.</p> <p>Bientôt on ne pourra plus du tout voir de coiffes sur la tête des bigoudens sauf à assister à un spectacle d'un groupe folklorique. Mais si vous vous promenez à Pont l'Abbé ou du côté des ports, avec un peu de chance, vous pourrez rencontrer l'une de celles qui sont encore parmi nous. Pour combien de temps ?</p> <p>(*) Il faut prononcer ce mot soit <i>bigoudin</i> soit <i>bigoudène</i> selon le genre.</p> Tue, 16 Aug 2011 20:02:24 +0200 Jeannine Yannic <p>C'est au cours du XIe siècle qu'on a vu apparaître la coiffe bretonne qui a fait l'objet, depuis, de constantes recherches dans le raffinement et le souci du détail. Au XVe siècle on voit se constituer différents types de coiffes, blanches pour la plupart ( à l'Ile de Sein, les femmes en perpétuel deuil la portent noire) et sont la marque de l' « ethnie » c'est à dire la reconnaissance de l'appartenance à un doyenné (réunion de plusieurs paroisses).</p> <p><span class='spip_document_1312 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:323px;'> <img src='http://decouvrir.othpb.com/IMG/jpg/Bigoudenes-2.jpg' width="323" height="228" alt="" /></span>C'est à la fin du XVIIIe siècle que la coiffe souvent jugée disgracieuse de Pont l'Abbé (anciennement doyenné de Cap Caval) semble se dessiner. Elle sera appelée bigouden du nom breton de la pointe qui la surmonte à l'époque. Tout d'abord pratiquement plate et encore très basse au début du XIXe siècle elle finira par atteindre 35 et même 40cm à la fin du XXe. Pourquoi cette évolution rapide ? Aucune explication rationnelle n'est apparue mais une légende veut que ce soit en réaction à l'arbitraire de Louis XIV qui, en 1675, réprima fort brutalement la révolte, appelée la révolte du papier timbré, qui embrasa toute la Bretagne après l'instauration d'impôts nouveaux. Le dernier bastion qui refusa de rendre les armes fut le pays Bigouden en représailles de quoi le Roi Soleil fit raser quelques clochers (comme celui de la chapelle de Languivoa à Plonéour Lanvern). C'est en souvenir de cette rébellion et de ses conséquences que les femmes auraient fait prendre de la hauteur à leurs coiffes symbolisant ainsi les clochers abattus. Mais une explication bien plus simple est avancée : l'orgueil, le fameux orgueil bigouden (bien décrit par Pierre Jakez Helias dans son « Cheval d'orgueil ») qui, en même temps qu'il faisait augmenter la hauteur des coiffes, exigeait aussi qu'on ajoutât un étage à sa maison.</p> <p>Toutes les petites filles, vers 5-6 ans au début du XXe siècle, 8-10 ensuite, abandonnaient le bonnet de leur enfance pour porter la coiffe qui ne les quitteraient plus. Et ce jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.</p> <p>Quel calvaire pour ces bigoudens « en tenue » qui montaient en voiture : pas d'autre alternative que de faire tout le trajet la tête penchée sur le côté. Quand il s'agissait de faire un long parcours, "elles restaient sur leur <i>loutenn</i>" (velours) et n'installaient la coiffe qu'au terme du voyage. Et quelle patience pour s'en équiper ! C'est tout un art et la liste des éléments qui la composent est conséquente : un <i>koeff</i> <i>bléo</i> (bonnet), un peigne courbe servant de base, un <i>daledenn</i> (bande de tissu située à l' arrière de l' « édifice ») pour masquer les cheveux, la <i>koeff</i> (coiffe), qui sera auparavant amidonnée et passée entre les mains expertes de la repasseuse, les deux <i>lasenn</i> (longs rubans appelés lacets), sans oublier les épingles en bon nombre (dont certaines à tête nacrée) pour tenir arrimé le tout. Le bonnet est toujours en velours noir mais il peut être brodé, enjolivé de paillettes. Jusqu'en 1960 les lacets étaient en percale à dents et les coiffes en mousseline ou en tulle mais depuis on n'utilise que l'organdi. Les broderies plus ou moins raffinées qui les ornent ont des significations bien précises. Il y a la coiffe ordinaire comportant de simples ornements et la coiffe de cérémonie et ses lacets richement et diversement travaillés. Pour le deuil on affiche une grande sobriété, les lacets restent unis, les discrètes broderies de la coiffe représentent des motifs particuliers, toujours disposés de la même manière. Et jusque dans les années 20-30 les <i>koeff lienn melenn</i> (coiffes de deuil) n'étaient pas blanches mais en toile jaune orangé. Les toutes jeunes filles qui avaient perdu un proche pouvaient à l'occasion d'une cérémonie (jamais pour les obsèques) faire broder de noir leurs lacets.</p> <p>L'opération de la pose, délicate, se déroule de la façon suivante : le <i>koeff bléo</i> noué sous le menton laisse déborder des crans sur le front et de chaque côté du visage ; il est recouvert à l'arrière par les cheveux lissés, remontés jusqu'au sommet du crâne et retenus par un <i>ar</i> <i>veloutenn</i> (ruban de velours) qui ceint le peigne ; sur celui-ci on fixe le <i>dalédenn</i> puis la <i>koeff</i> elle-même avec les épingles ; puis les <i>lasennou</i> maintenant le tout viennent se nouer sous le menton en laissant bouffer un<i> lagadenn</i> (gros noeud) sur le côté.</p> <p>Bientôt on ne pourra plus du tout voir de coiffes sur la tête des bigoudens sauf à assister à un spectacle d'un groupe folklorique. Mais si vous vous promenez à Pont l'Abbé ou du côté des ports, avec un peu de chance, vous pourrez rencontrer l'une de celles qui sont encore parmi nous. Pour combien de temps ?</p> <p>(*) Il faut prononcer ce mot soit <i>bigoudin</i> soit <i>bigoudène</i> selon le genre.</p>