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Publié : 2 mars 2009

TREOGAT : quelques repères

Tréogat, toute petite commune du pays Bigouden, n’en présente pas moins un patrimoine digne d’intérêt, qu’il soit l’oeuvre de la nature ou de la main de l’homme, que ce soit une pierre, une histoire, une légende.

Origine du nom Dès 1405 on retrouve dans les actes du Saint Siège la présence de Trévogat. Puis, en 1574, le Cartulaire de Saint Corentin indique Tréorgat. Il semble que ce serait Saint Boscat qui soit à l’origine du nom de cette paroisse. Pas une paroisse, d’ailleurs, mais une trêve, c’est-à-dire une subdivision d’une paroisse. La contraction donnera Tré Boscat, trêve dépendant de la paroisse de Plovan.

Situation

Longue de 5 km et large de 2 le terrain qui compose Tréogat descend en pente douce jusqu’au rivage. C’est l’une des treize communes qui bordent la baie d’Audierne. Deux autres limites sont naturelles : les étangs de Trunvel et Kergaland (voir l’article Kost an oad - TREGAD et prochainement l’article L’étang de Trunvel : en cours de rédaction).

Ses monuments

La charmante petite église située en haut du bourg, près du manoir du Minven et presque en limite de Peumerit, date du XIIe siècle. Elle subira d’importants dégâts : voir prochainement sur le présent site l’article sur l’enclos paroissial de Tréogat en cours de rédaction). Sa restauration n’aurait été entreprise qu’au début du XVe siècle. En 1992 de nouveaux travaux d’entretien d’importance lui ont donné son aspect actuel.

Tout près, bien sûr, un presbytère qui aurait été construit vers 1840. Il ressemble à un petit manoir et est flanqué d’un charmant pigeonnier. Le tout donne sur un jardin clos d’un haut mur. L’un des derniers occupants de l’endroit y fit accoler une construction moderne qui défigure malheureusement l’ensemble. On ne pourra bientôt plus le voir car la mucipalité a décidé, au grand dam des anciens de la paroisse, de le vendre à un particulier.

De nombreux menhirs existaient mais, comme partout ailleurs, ils n’ont pas résisté aux outils des hommes qui les découpaient pour les transformer en matériau de construction ou plus souvent simplement détruits car considérés comme des vestiges du paganisme.

On a, par contre, pu répertorier plusieurs stèles. C’est le fait qu’elles sont taillées qui distingue ces grosses pierres des menhirs. A Penhors il en existe une de l’âge de fer (elle est signalée par un pictogramme sur la carte interactive de l’office de tourisme). C’est la seule stèle non christianisée du pays Bigouden. On peut affirmer qu’elle remonte au mégalithique car ses fines canelures travaillées sur toute la longueur la classe dans les ouvrages de cette époque qu’on nomme "lech". Elle a été découverte lors du remembrement de 1970 couchée dans un talus sur les terres de l’exploitant. A son initiative et sa décision très ferme de la maintenir à Penhors malgré plusieurs propositions intéressantes d’achat, et la pression du musée préhistorique de Pors Carn également intéressé, elle fut trainée sur plus de 500m, Malgré son poids (7à 8 tonnes), relevée, elle se trouve maintenant bien en vue puisqu’au bord de la route à Penhors. Sa forme effilée et la délicatesse du travail lui permet de figurer parmi les plus belles.

Une autre stèle découverte au même endroit, plus modeste, puisque ne mesurant que 1,60m de haut, se trouve maintenant près de la mairie. Il en existe deux autres dans une ferme près de l’église.

En haut du bourg, à l’entrée de l’allée qui menait au manoir, on peut voir une pierre plate haute de 2m dont quatre entailles profondes lui donnent la forme d’une croix. Elle a été érigée là en épilogue d’un drame qui date de la Révolution (celui ci vous est conté dans l’article Petites histoires de la noblesse tréogatoise)

De la période de la dernière guerre nous restent quelques vestiges imposants mais d’aspect peu attrayant. Les plus importants se trouvent à Tourn Ici à 2km avant la côte. Il s’agit de quatre blockhaus qui abritaient des canons (voir l’article Les blockhaus de TREOGAT).

Ses légendes

Plusieurs calvaires sont disséminés à Tréogat mais celui de Kerguénol est un peu particulier car autour de lui s’est forgée une légende.

Pendant la guerre de cent ans, un général anglais perdit la vie au cours d’une bataille. Ses officiers décidèrent de l’inhumer sur le lieu même de son trépas avec ses armes. Et parmi celles-ci se trouvait, dit-on, un sabre en or. Plus tard, on édifia sur l’emplacement de sa tombe un calvaire. Mais l’histoire du sabre travaillait l’esprit de tous ceux qui le croyait enterré là. Malgré tout, un certain respect teinté de crainte pour la mort et tout ce qui la rappelle a retenu tous ceux qui entretenaient des velléités sur la précieuse arme. Puis vint le prévisible jour où, n’en pouvant plus de résister, un quidam se décida à creuser le sol vers l’objet de sa convoitise. Le travail à peine commencé, le sommet du calvaire se détacha et tomba précisément sur le crâne du malandrin, le tuant net. Depuis lors, plus personne n’osa se risquer à profaner la tombe, chacun étant persuadé de voir là le résultat d’une vengeance divine.

Une autre légende exalte, elle, l’imagination des chasseurs. C’est l’histoire du lièvre insaisissable de la chapelle de Saint Melon. Depuis l’édification de cette chapelle, et même après qu’elle fut devenue un tas de ruines, on n’y a toujours vu dans les parages qu’un seul lièvre qui, dit-on, avait son gîte au pied du maître autel. Mais il doit toujours être en vie car aucun chasseur n’a pu se vanter de l’avoir ramené dans sa gibecière.

On raconte que c’est Saint Melon lui-même qui aurait choisi l’emplacement, à proximité de Lesveguen, de la chapelle qui devait porter son nom. Se promenant, il aurait aperçu un essaim d’abeilles cherchant un lieu propice où s’installer. Il le suivit et là où il se posa il construisit une ruche et ... devint apiculteur. C’est ensuite qu’il fit construire la dite chapelle.

Le blason

C’est en 1995 que le conseil municipal créa un blason pour la commune. Il se compose en son centre d’un lion crachant de l’eau qui illustre la menace constante de la mer ; il est entouré de besants d’or qui figurent la dune de galets protectrice (elle ne l’est plus maintenant) ; les hermines sont le symbole de la Bretagne et les couleurs jaune et rouge celui du pays Bigouden.

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