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Publié : 27 mars 2009
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TREOGAT : l’enclos paroissial

L’enclos paroissial, ceint d’un mur de pierres, se situe au haut du bourg et le clocher de l’église est un des points les plus élevés de la commune de Tréogat.

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L’ensemble paroissial comprend l’église, le calvaire, le cimetière et le momument aux morts érigé après la guerre 14-18. Le tout est ceint d’un mur de pierres qui outre une porte en fer forgé est percé d’un escalier. Celui-ci est constitué de quatre marches et d’une grande pierre posée à chant au travers du passage. On pouvait l’enjamber facilement mais son utilité résidait dans le fait qu’elle interdisait aux animaux l’accès aux lieux saints. Un calvaire et le presbytère se situent à proximité séparés de l’ensemble par une petite route de campagne.

L’EGLISE (*)

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Dédiée à Saint Boscat, patron de la paroisse, la petite église de Tréogat, fut érigée au XIIe siècle. On sait qu’elle subit d’importants dégâts au cours de la guerre de succession du duché de Bretagne, dite guerre des deux Jeanne (1340-1365), qui se solda par la victoire du parti breton en la personne de Jean de Monfort devenu Jean IV contre le candidat du roi soutenu par les anglais. Et c’est au XVe siècle, sur ses vestiges dont quelques éléments furent conservés, que fut entrepris sa reconstruction. Sa dernière restauration date du début des années 1990.

Le style architectural original qui la caractérise est celui élaboré par l’ école de Pont Croix. Mélange de roman et de gothique il s’est développé entre les XIIIe et XVe siècles dans la région où on le retrouve dans une douzaine d’églises ou chapelles dont beaucoup en pays Bigouden.

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Vue intérieure 1887

Le monument est d’une grande simplicité. Il a pour base un rectangle et s’oriente d’est en ouest, le chevet se situant à l’est, et son toit recouvert d’ardoises est d’un seul tenant. Des traces de reprises de maçonnerie indiquent des travaux d’agrandissement. C’est ainsi qu’en 1848 fut ajoutée une travée (une pierre gravée, peu lisible, située au-dessus de la porte ouest rappelle l’évènement). Elle est de facture plus modeste que le reste de l’édifice qui, lui, est traité soit en plein-cintre soit en tiers-point. Il existe neuf fenêtres toutes réalisées en granit et les vitraux qui les garnissent sont récents. Celles du chevet sont les plus élaborées dans un style flamboyant avec lancette et réseau. Deux contreforts viennent épauler le mur gouttereau au niveau du clocher et l’un d’entre eux au nord, permet d’accéder à celui-ci par un escalier de pierre.

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Le porche sud, vraisemblablement rapporté, est en schiste avec un toit de pierres. L’entrée se fait par une porte en plein-cintre que surmonte une croix de granit. De chaque côté, des bancs de pierre.

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Le clocher situé au milieu de la toiture abrite une seule cloche. Dans les gâbles, à l’est et au sud, se trouvent des écussons dont les armoiries ne sont malheureusement plus lisibles. Des têtes en pierre représentent les quatre évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean. La flèche en pierres appareillées est peu élevée ; elle est surmontée d’une croix et d’un coq en métal.

La sacristie est réalisée en grand appareillage de pierre dans sa partie basse.

L’église se compose d’une nef centrale et de deux bas-côtés. Le choeur (partie la plus ancienne) est séparé d’une part du bas de l’église par un arc diaphragme et deux arcs latéraux qui portent le clocher et d’autre part des bas-côtés par des piliers sur lesquels reposent des arcades en plein cintre au nord et en tiers-point au sud. Les chapiteaux de ces piliers sont ornés de feuillage ainsi que d’écussons non armoriés dans la partie nord.

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En face, le chapiteau proche du chevet, est décoré de têtes d’hommes, d’un serpent ainsi que de deux étoiles (c’est, symbolisée, la signature de l’école de Pont Croix). Des palmettes et des fleurs de lys garnissent le chapiteau voisin. L’arc diaphragme, en tiers-point, présente des colonnettes dont les chapiteaux sont également ornés de feuillage. Les extrados se terminent par quatre têtes aux masques en fort relief (toujours censées représenter les évangélistes). Le plafond est voûté et lambrissé.

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La cuve baptismale de forme arrondie est taillée dans un grand bloc de granit Elle est décorée en son milieu d’un motif en forme de cordage tandis que la partie basse est ornée de feuillage. Son couvercle est en laiton galbé. Accolée à la cuve, une petite vasque en granit de forme octogonale.

LE CALVAIRE

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Le calvaire avec le Christ en croix est tourné vers l’ouest et se situe donc hors enclos à l’est près du chevet. Le fait est plutôt étonnant car la tradition veut qu’il se situe au sud le plus près possible de l’église. La raison en est vraisemblablement que l’adjonction d’un porche sud à l’édifice a rendu obligatoire son transfert sur le lieu actuel.

LE MONUMENT AUX MORTS

Il s’agit d’une simple stèle présentant quatre faces sur lesquelles sont gravés les noms des disparus.

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LE CIMETIERE

Au cours des siècles passés, les notables pouvaient prétendre à être ensevelis dans l’enceinte même de l’église ; une pierre recouvrant le caveau des Boisguehenneuc, seigneurs du lieu, dont les armoiries ont malheureusement été martelées au moment de la Révolution et située à gauche du choeur, rappelle cette coutume. Il ne restait aux autres paroissiens qu’à espérer que leur tombe se situe le plus près possible du lieu saint quitte à en gêner l’accès. C’est pourquoi, il fallut se résoudre, au moment de la dernière restauration, à déplacer les plus anciennes pour faciliter les travaux.

Messe des Rameaux 1995 IMG/flv/EgliseMesse.flv

(*) D’après la description de S. Goasguen