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Publié : 26 juin 2009
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Sol et sous sol du haut pays bigouden

La Bretagne est occupée totalement par le massif armoricain qui se présente sous l’aspect de deux chaînes montagneuses allongées d’ouest en est et de faible altitude puisque le plus haut point des monts d’Arrée n’atteint pas 400m. Séparées par le sillon de Châteaulin on trouve au nord la chaîne du Léon-Trégor et au sud celle de Cornouaille. Et c’est sur le flanc de cette dernière, entre les deux avancées rocheuses que sont le Cap Sizun et la presqu’île de Penmarch que se situe le pays bigouden largement ouvert sur la baie d’Audierne.

Pour résumer, très succinctement, l’histoire du sol et du sous sol de cette région, voici quelques points de repère sur une période de quelque 3 500 millions d’années qui s’étend depuis l’ère la plus ancienne (c’est à dire le précambrien) jusqu’à nos jours.

Le soulèvement en bloc d’une zone de l’écorce terrestre créa les deux massifs du Léon-Trégor et de Cornouaille séparés par un sillon. Suivit une période d‘invasions marines sous forme de transgression-régression qui ont entrainé une sédimentation continue de ce sillon de Chateaulin. Ainsi se sont formés des dépôts détritiques : grès armoricains avec zircon et rutile, gisements de minerais de fer.

Se déroule ensuite une longue succession de plissements accompagnés de phénomènes entrainant l’altération des roches sédimentaires transformées en roches cristallophyliennes (dont la structure est cristalline et feuilletée). Puis, sur une dizaines de millions d’années se forment des granites de types variés. C’est à ce moment qu’apparaissent des filons minéralisés renfermant pegmatites à béryllium, quartz et greisens avec étain, tungstène et molybdène et enfin des gisements hydrothermaux aurifères, uranifères, plomb et zinc.

Enfin a suivi une importante période d’érosion qui a fini par donner sa forme actuelle à la Bretagne. Les anciennes montagnes dont les sommets atteignaient 4000 m ont été abaissées progressivement, mettant à jour les gîtes plus profonds de minéraux.

Au niveau du pays bigouden, le résultat de tous ces bouleversements a donné un sous sol constitué d’une assise de granites et de grès, terrains primaires résistants, et de schistes, terrains plus tendres. Au dessus se sont formés des micaschistes, des gneiss, des granites gneissiques, des amphibolites et des serpentines réparties de la façon suivante :

A Plogastel Saint Germain, les terrains de ce plateau vallonné sont constitués de granite, des granites à muscovite (mica blanc), et, en direction de Peumerit et Pouldreuzic, des gneiss et des micaschistes.

A Peumerit existe un gisement de serpentine dont on dit qu’il est le principal gisement de l’ouest de la France. On y trouve aussi des amphibolites associées en couches interstratifiées à des pyroxénites.

A Pouldreuzic on trouve vers Laraon des pyroxénites et vers le littoral des schistes micacés et feldpathisés. Au sud, en direction de Plovan, les falaises disparaissent pour laisser la place à une longue plage de sable qui s’étire sur une dizaine de kilomètres et le littoral est bordé par un cordon de galets (ero vili).

A Plovan encore un important gisement de serpentine et la présence d’un massif de schistes amphibolitiques et de chloritoschistes.

A Tréogat, vers Keramoine, on peut voir dans les pyroxénites des petits grenats. La roche passe localement à de véritables grenatites.

Au sud est de Tréguennec, à Prat ar Hastel, une carrière a été ouverte sur un un filon d’aplite, roche magmatique, renfermant apatite et cassitérite.

(*) Cet article est un résumé et une suite d’extraits d’un texte fort documenté de Jean Paul Drevet (Angers) ancien ingénieur aux ardoisières du Maine et Loire et amateur éclairé en matière de géologie. Ce texte et une carte géologique sont disponibles en pièce jointe au format PDF (ABREGE DE LA GEOLOGIE DU PAYS BIGOUDEN).

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