Publié : 22 février 2014
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Per-Jakez HELIAS écrivain et conteur

Qui ne connaît pas « Le Cheval d’Orgueil » l’ouvrage dans lequel Per-Jakez HELIAS raconte son enfance et la rude vie des bretons de ce début du siècle ? Largement plébiscité, et pas seulement par les bigoudens dont c’était l’histoire, ce livre connut le succès également à l’étranger et en particulier en Irlande, autre terre celtique. Il fut adapté à l’écran par Claude Chabrol en 1975.

Mais qui était ce bretonnant qui savait si bien raconter la vie de sa région ?

Né en 1914 à Pouldreuzic, dans une famille d’ouvriers agricoles ne parlant que le breton, il apprit si bien le français à l’école qu’il devint à son tour enseignant, et pas n’importe quel enseignant : professeur agrégé de lettres classiques. Il ajouta à ses activités celles de journaliste, de chroniqueur, d’écrivain et de poète.

En 1946 il fut chargé d’animer des émissions radiophoniques hebdomadaires en breton à l’usage de ceux qui ne connaissent guère que cette langue (encore fallait-il posséder un poste et être alimenté en électricité). Il fut aussi, en 1948, co-fondateur du festival de Cornouaille. Il aimait à se réclamer de sa double appartenance : « Je suis parfaitement bilingue et biculturé, doublement acclimaté » (*). Il écrivait indifféremment dans les deux langues. D’abord des sketches puis des oeuvres poétiques et quelques romans mais ce sont ses chroniques ethnographiques qui lui apportèrent la célébrité. Il fut décrit comme l’écrivain breton du siècle après la parution du « Cheval d’orgueil » mais ce qualificatif en chagrina plus d’un parmi ses pairs qui trouvaient ce titre usurpé. Cette notoriété n’a pas faibli pour celui qui ne semblait vouloir que raconter sa Bretagne, lui « que sa date de naissance et sa condition première ont placé à la charnière de deux mondes, deux civilisations, deux cultures et qui a résisté à la tentation de renier l’une ou l’autre » (*). Il n’empêche aussi qu’il eut l’honneur d’être décoré de l’Ordre de l ’Hermine, distinction qui remonte à l’époque de la chevalerie mais qui a toujours cours actuellement et qui est décernée par l’Institut culturel de Bretagne.

A travers ses écrits il témoignera au nom des siens, les humbles, il racontera la société bretonne traditionnelle de cette première moitié du XXe siècle qui vivait selon un code strictement établi et respecté, il dira combien furent riches les enseignements que lui apporta sa famille. Ainsi cette citation d’Alain le Goff, son grand père maternel « Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l’honneur. Les riches n’en ont pas besoin ».

Per-Jakez HELIAS nous a quittés en 1995.

(*) « Le quêteur de mémoire » : "quarante ans de recherche sur les mythes et la civilisation bretonne"