Publié : 28 septembre 2010
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LE TRAIN CAROTTES

Rue de la gare, à Tréogat, une maison qui ne se distingue des autres que par sa petite taille et par son manque d’attrait, rappelle une petite histoire, un pan de vie. La mairie, qui assure son entretien, la met actuellement à la disposition des associations qui peuvent y réunir leurs membres. Mais auparavant à quoi servait ce bâtiment ? Eh bien c’était une gare de chemin de fer. Une gare à cet endroit ?

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Et bien oui. Une petite ligne de chemin de fer, inaugurée en 1912 reliait Pont Croix à Pont l’Abbé. Son trajet longeait la vallée du Goyen puis traversait tout le pays bigouden.

Une toute petite gare avec sa salle d’attente ouverte à tous les vents, son guichet de vente de billets et aussi un chef de gare. Enfin, une chef. Les anciens se souviennent que la dernière qui a assuré ce rôle avec maestria sévissait aussi à la messe où elle rappelait à l’ordre les petites filles indisciplinées.

On y attendait le train qui ne comportait pas plus de deux wagons tirés par une modeste locomotive qu’on appelait le cheval noir. Il n’y avait qu’une seule voie. S’y entassaient les voyageurs le plus souvent chargés de diverses marchandises destinées à être vendues à Pont l’Abbé ou bien qui, changeant de train, terminaient leur voyage à Quimper. Les marchandises ? Tous les légumes qu’on pouvait cultiver dans la région mais surtout les carottes, d’où son nom, mais aussi de la volaille et même des veaux. Il ne roulait pas bien vite et peinait tellement dans les côtes qu’on pouvait en descendre et remonter facilement avant l’arrêt.

Mais bientôt la voiture prit le relais et l’on dut stopper ce moyen de transport devenu obsolète pour ce genre d’activités. Il disparut vers 1938. Pendant la guerre l’armée allemande récupara les rails qu’elle utilisa pour construire la voie de chemin de fer sur l’ero vili (voir sur ce même site "Le cordon de galets de Plovan à Tréguennec"), celui qui devait servir à transporter les galets depuis la grève jusqu’à l’usine de Tréguennec où l’on fabriquait le béton destiné à construire le mur de l’Atlantique.

Il en reste des traces : cette maison mais aussi un circuit de randonnée sur Ploneour-Lanvern appelé « En attendant le train carottes » qui emprunte une partie de son tracé.