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Publié : 29 mars 2009
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Etang de Trunvel autrefois et aujourd’hui

TREOGAT dans sa partie méridionale présente une vallée surprenante :

A la limite intercommunale Tréguennec-Tréogat nous avons Trunvel et sa vallée profondément creusée.

En aval, un vaste étang qui se prolonge jusqu’à la barrière de galets (éro vily), il y a plusieurs décennies, il était traversé par un chenal naturel jusqu’à l’océan.

Les tempêtes successives démolirent l’aqueduc construit en 1947-1948 pour réguler son débit. Actuellement, Il en reste des vestiges sur la plage (voir également l’article "Kost-an-aod-TREGAD"). Ces tempêtes parfois démesurées ferment l’étang et le transforment en lac d’eau douce, saumâtre en bordure de mer.

Autrefois, il était couvert de roseaux régulièrement fauchés, et utilisés pour la confection de toitures de chaume. De nos jours seule la palue est fauchée annuellement en automne (voir aussi l’article "Le baguage des oiseaux à Trunvel").

L’administration avait proposé de l’inscrire dans le domaine maritime. Cela ne se fit pas à la déception de nombreux pêcheurs !!!

Il ressemble d’avantage à un lac de montagne qu’à un étang lagunaire : De magnifiques abrupts de roches le surplombent en porte à faux, donnant naissance à de petites grottes dont l’une s’appelle "Toul ar vérès" (grotte de la vierge).

Les légendes sont ici nombreuses : Un sous-marin aurait utilisé les grottes comme abris !! Des anneaux de fer scellés dans la roche pour amarrer des bateaux sont retrouvés à cet endroit !!

L’imagination et le cadre irréel nous font voir un port ancien servir d’abris par gros temps.

Ce qui est vrai :

Vers 1934, faisant route vers Brest, un hydravion amerrit au milieu de l’étang en panne de carburant. Quelques témoins vivent toujours.

Le 31 Décembre 1916, deux adolescents de 13 ans empruntent une barque pour se rendre au milieu de l’étang. A la vue du garde, ils plongent dans l’eau et se noient.

En 1934, le chanoine PÉRENNES signale l’existence d’un camp de l’époque néolithique cerné d’une double enceinte, établi sur un mamelon, relié à la terre ferme par une chaussée naturelle riche en éclats de silex.

La hauteur du niveau de l’eau, le travail de la terre font que toutes traces d’occupations anciennes ont disparues.

Nous avons connu deux années de sècheresse exceptionnelles.

En 1949, les semis de blé furent anéantis

L’aqueduc régule le débit de l’étang déjà à sec. Une vanne empêche la mer de l’envahir.

En 1976, l’aqueduc démembré par les tempêtes, gît sur la plage. Le niveau de l’eau n’est plus régulé.

La fenaison et la moisson se déroulent allègrement dans la poussière dorée de ce bel été !

Ciel immuablement bleu, pas le moindre alto-stratus ni cumulo-nimbus au firmament.

Très vite, les champs virent au paillasson, le bétail souffre de la faim et de la soif. le maïs destiné à l’ensilage sert déjà de nourriture ainsi que la paille provenant de Beauce. La campagne résonne de meuglements désespérés, des bêtes sont bradées aux abattoirs !

Faute de mieux, les prairies mitoyennes de l’étang délaissées, car difficiles d’accès font de nouveau d’excellentes pâtures.

Le niveau de l’eau baisse rapidement, l’étang s’assèche. Des centaines, voir des milliers de poissons : anguilles grosses comme un bras d’adulte, carpes, tanches grouillent et se faufilent dans la vase du ruisseau en amont vers l’étang de Bondivy dont les vannes restent closes.

Nous les cueillons à la main au passage de poul-men.

La sécheresse empire jusqu’à la pluie salvatrice de septembre. Elle perdure jusqu’à la toussaint. Cette fois-çi encore, les semis seront impossibles car les terrains sont détrempés.